Au pays des oiseaux     




Plus de 70 espèces d’oiseaux nichent régulièrement en Islande et plus de 300 espèces d’oiseaux y ont été repérées. On y trouve en été les plus importantes colonies d'oiseaux de mer de l'hémisphère Nord, et l'île est un passage obligé pour de nombreux migrateurs. C’est d’ailleurs en Islande qu’ont été tournées bon nombre d’images du célèbre film de Jacques Perrin "Le peuple migrateur ".


Nous ne sommes pas ornithologues ... pas même ornithologues amateurs. Mais en Islande, nous sommes émerveillés par les oiseaux.

En France, on dit "les oiseaux de chez nous ..." Mais en Islande, dans ce pays vide d'humains, les oiseaux sont chez eux.
Ce n'est pas seulement une image : par moments, nous avons réellement eu le sentiment d'être "au pays des oiseaux".

Sédentaires ou migrateurs, ils sont extraordinairement adaptés à un milieu naturel qui nous paraît rude, mais qui est pour eux hospitalier.

De fait, les oiseaux peuvent justifier, à eux seuls, un voyage dans ce pays.
On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.
Passer simplement la souris dessus pour voir les légendes.
Le grand labbe en attaque
    Au cours de nos balades islandaises, nous avons pu observer les oiseaux :
  • à Reykjavík, en pleine ville, au bord du lac Tjörnin (photo ci-contre)
  • sur les côtes à falaises de la péninsule de Snæfellsnes
  • sur l'île de Flatey, dans le Breidafjörður
  • aux falaises de Látrabjarg, et sur plusieurs autres sites sauvages
    des Vestfirðir (fjords du Nord-Ouest)
  • dans les montagnes de Kerlingarfjöll, au centre de l'Islande
  • à Ingólfshöfði, une île ensablée de la côte Sud
  • sur les falaises de Dyrholaey, près de Vík
Le lac Tjörnin, en plein centre de Reykjavík
En plein centre de Reykjavík, le lac Tjörnin est un
incroyable rassemblement d’oiseaux : canards colverts,
cygnes, oies sauvages, eiders, sternes arctiques …
côte d'Arnastapi côte d'Arnastapi côte d'Arnastapi
Ci-dessus : Dans la péninsule de Snaefellsnes, le long du sentier côtier qui mène du petit port d'Arnastapi à Helnar, les falaises de basalte sont le domaine des mouettes tridactyles et des fulmars.
De grandes arches naturelles forment des grottes marines et des abris peuplés de milliers d’oiseaux. Ils couvent sur leurs nids et se laissent approcher à quelques mètres à peine ! Leurs cris, répercutés et amplifiés par les arches de basalte, sont assourdissants !
A Ytri-Tunga (péninsule de Snaefellsnes), sur une côte à écueils où vit une colonie de phoques, l'estran à marée basse est le domaine des huîtriers-pie.
Ici (photo ci-contre) le bel oiseau en tenue de cérémonie court et saute de rocher en rocher.
Il nous laisse approcher à quelques mètres puis s'éloigne en poussant des cris stridents. Il surveille son petit qui sautille lui aussi à quelques mètres en piaillant.
Ici, c'est la "cantine" de l'huîtrier-pie, et tous les jours il y a un plateau de fruits de mer au menu ! Un peu partout on trouve des coquillages cassés et des oursins ouverts, dont il s'est régalé.
Huîtrier-pie
Sur la petite île de Flatey, dans le Breidafjörður, des colonies de mouettes tridactyles nichent en été dans les falaises.

Ces beaux oiseaux ne sont pas farouches, on peut les approcher jusqu'à deux ou trois mètres.
Mouettes tridactyles à Flatey Mouettes tridactyles au nid, à Flatey
Guillemot à miroir Toujours sur l'île de Flatey, voici un guillemot à miroir. C'est un oiseau assez rare et particulièrement beau !

Les guillemots à miroir sont d'excellents plongeurs : ils descendent jusqu'à 40 mètres de profondeur et peuvent rester deux minutes sous l'eau pour attraper les poissons dont ils se nourrissent.
Au point le plus occidental de l'Islande (et de l'Europe), voici les falaises de Látrabjarg.

Sur 14 km de long, hautes de plus de 400 mètres par endroits, elles abritent une des plus grandes colonies d'oiseaux marins du monde (macareux, fulmars, mouettes tridactyles, goélands, guillemots, pingouins torda ...).

Ici, pendant des siècles, les hommes ont collecté les oeufs d'oiseaux sauvages en se suspendant à des cordes pour accèder aux nids.
Les falaises de Látrabjarg (fjords du Nord-Ouest)
Aux falaises de Látrabjarg, ce sont les plus beaux, les plus mignons, les plus rigolos : voici les macareux-moines (en islandais "lundi").

De vrais petits clowns espiègles qui creusent des terriers en haut des falaises pour y couver leurs oeufs.
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Macareux-moine à Látrabjarg
pour agrandir
Macareux-moine à Látrabjarg
Pingouin Torda Pingouin Torda Un autre sympathique habitant des falaises de Látrabjarg : le Petit pingouin, ou Pingouin Torda.

Encore meilleur plongeur que le macareux, il descend jusqu'à 90 mètres de profondeur !

Les pingouins torda sont des milliers à Látrabjarg.
Roi du ciel, magnifique planeur profitant des moindres ascendances en haut des falaises, voici le fulmar boréal.

Merveille d'adaptation, cet oiseau possède une glande de désalinisation de l'eau de mer qui lui permet d'en boire.
Fulmar boréal Fulmars
Lagopède (mâle) Lagopèdes (la femelle est à gauche) Sur les hautes landes de Látrabjarg, ce magnifique couple de lagopèdes nous a laissé approcher à moins de deux mètres.
Dans les montagnes de Kerlingarfjöll, en plein centre de l'Islande, dans un paysage minéral et extrêmement sauvage qui n'est accessible que quelques semaines par an, nous avions laissé la voiture sur une butte où s'achevait la piste.
Non loin de là, notre attention est attirée par un cri aigu, bref, répétitif et rythmé. C’est un bel oiseau marron tacheté de blanc, un pluvier doré, sans doute une femelle, qui nous fait un drôle de numéro : elle vient se percher sur un bloc à proximité et pousse son cri pour qu’on la remarque, puis elle part en boitillant, une aile traînant à terre comme si elle était blessée. Son nid et ses petits doivent être tout proches et elle s’évertue à nous attirer dans la direction opposée par ce stratagème. Nous n'avons pas pris ici de photo de cette mère comédienne, mais quelle rencontre magique !      [ Voir un pluvier doré ]
Dans les montagnes de Kerlingarfjöll
Ingólfshöfði est une ancienne île ensablée par les sables volcaniques du Skeiðarársandur. Un grand rocher de basalte bordé de hautes falaises.
C'est ici que nous avons été le plus émerveillés et même émus par les oiseaux d'Islande.
Le récit de notre balade à Ingólfshöfði : voir Carnet de voyage : Jour 13
Macareux à Ingólfshöfði Macareux à Ingólfshöfði
Le long du bord de la falaise, ils sont là, tranquilles, silencieux, par milliers, face à la mer.
Des macareux-moines, vraiment magnifiques dans leur tenue de soirée noire et blanche, avec un gros bec orange vif et des pattes de la même couleur.
Avec leur œil malicieux et comme maquillé, ils sont vraiment craquants ! On dirait des petits clowns !


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Macareux à Ingólfshöfði

Il y en a environ trois cent mille ici ! Ils ne sont vraiment pas craintifs et on peut s’en approcher jusqu’à deux mètres avant qu’ils partent en se dandinant, sans trop se presser.
De mai à la mi-août, ils viennent ici à terre pour se reproduire et ils retrouvent tous les ans leur terrier creusé jusqu’à un mètre de profondeur dans l’herbe du bord de la falaise.
Toutes les heures environ, ils partent pêcher et ramènent un bouquet de petits poissons dans leur bec pour nourrir leur petit.
Terrier de macareux Macareux à Ingólfshöfði
En fait, ce sont des oiseaux-poissons, ou plutôt des poissons-oiseaux. Leur vol est assez lourdaud et leurs atterrissages et décollages sont assez cocasses : on dirait des hydravions ! En revanche, sur l’eau et sous l’eau, ce sont les rois : ils peuvent plonger jusqu’à 50 mètres et rester en apnée pendant plusieurs minutes. A partir de la mi-août, ils repartent vivre en pleine mer avec leurs petits pendant plus de huit mois.
En quittant le bord de la falaise, sur le plateau, nous voici dans le domaine des grands labbes, de gros oiseaux au plumage marron pouvant faire jusqu’à un mètre d’envergure.
Leur tempérament est assez agressif. Ils se nourrissent en poursuivant en vol d'autres oiseaux, jusqu'à ce qu'ils abandonnent le poisson qu'ils ont dans le bec ou qu'ils régurgitent leur nourriture pour faire cesser la poursuite. Grand labbe Grand labbe
Leurs attaques en piqué sont impressionnantes. On entend le bruissement de l’air dans leurs ailes à quelques centimètres des oreilles et on se fait facilement surprendre et percuter !
Inutile de se baisser, car ils abaissent leur trajectoire d'autant. Le mieux est de lever une main le plus haut possible, car ils visent le point le plus haut. Il est alors plus facile de baisser rapidement la main au dernier moment !
Quand le grand labbe attaque en piqué, c'est sérieux ! (vous avez vu son regard ?)
Les grands labbes ne creusent pas de terriers comme les macareux. Ils pondent leurs oeufs et élèvent leurs petits dans l'herbe, à même le sol, et ils les protègent farouchement ! Poussin de grand labbe (15 jours) M. et Mme Grand Labbe ont la joie de vous faire part de la naissance de Petit Labbe, né il y a 10 minutes !
Couples d'eiders, les mâles sont noir et blanc, les femelles marron Nid d'eider : le plus précieux duvet du monde Les eiders à duvet sont nombreux en Islande, surtout dans le Nord-Ouest.
La récolte de leur duvet constitue une ressource d'appoint pour certaines fermes qui ont la chance de voir chaque année revenir ces oiseaux migrateurs sur leurs terres. C'est une tradition ancestrale, et c'est de là que vient le mot français "édredon" (eider down = duvet d'eider).
Très répandues en Islande, les sternes arctiques sont partout !

Ces jolis oiseaux blancs, coiffe noire, bec et pattes rouges, ont le record absolu de l'agressivité.
Elles attaquent en poussant des cris terribles dès qu’on entre dans leur territoire en période de ponte (juin-juillet).
Sterne arctique
Gardienne masquée
Sterne arctique
Quelques dixièmes de seconde avant l'impact !
Bien qu'elles soient de petite taille et a priori beaucoup moins impressionnantes que les grands labbes, les attaques des sternes arctiques sont redoutables car elles n'hésitent pas à toucher au but : gare au cuir chevelu des téméraires qui osent les défier !
Néanmoins, la première attaque en piqué est surtout dissuasive car elle s’accompagne souvent d’un bombardement aérien : un largage d’excréments liquides qui atteint assez facilement sa cible ! A la deuxième attaque, les munitions sont épuisées : attention aux têtes !
Les sternes arctiques sont les plus extraordinaires migratrices de la planète : elles font carrément 17 000 km pour se transporter de l’arctique à la zone antarctique, et autant pour le retour. Pour elles, la planète est petite !


Près de Vík, le site des falaises de Dyrholaey est une réserve ornithologique citée dans tous les guides sur l'Islande.
Le site est très accessible (route n°1) et peut-être un peu trop fréquenté. On y voit des oiseaux, certes (mouettes, fulmars, macareux ...) mais avouons que nous n'y avons pas ressenti le même émerveillement qu'à Ingólfshöfði.

En revanche l’intérêt majeur ici, c’est le site, et il vaut le détour : les falaises et les arches naturelles de basalte, immenses au-dessus de l’océan, constituent un décor grandiose !



Pour prolonger cette page ...

• Voir dans ce site notre diaporama "Oiseaux".
• Consulter un site internet sur les oiseaux d'Islande.
Les falaises de Dyrholaey
Pour entendre les oiseaux de Dyrholaey,
monter le son et cliquer ici


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