Islande   -  Les news archivées        


Dans cette rubrique, vous trouvez les archives de notre page "news".

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Décembre 2007

Gleðileg jól !    Joyeux Noël !

Depuis le 12 décembre, chaque jour et jusqu'au 25, un Père Noël différent descend des Bláfjöll (les Montagnes Bleues, non loin de Reykjavík) et rend visite aux gens pour leur jouer des tours.

Ces treize Pères Noël ne sont pas aussi débonnaires que notre papy à barbe blanche porteur de cadeaux ! Ils font peur aux enfants en claquant les portes la nuit et volent la nourriture dans les cuisines.
Ils appartiennent à la famille de Grýla, une ogresse monstrueuse, et il faut savoir qu'en Islande, quand on menace les enfants de les envoyer dans la famille de Grýla, c'est la terreur qu'on lit dans leurs yeux ! (à tel point qu'une loi sur la protection de l'enfance interdit désormais aux parents d'utiliser ce genre d'argument !).

La nuit de noël, le chat de Grýla enlève les enfants qui n'ont pas été sages et les mange ! Mais il ne peut pas prendre ceux qui portent un vêtement neuf, et c'est pour cette raison que chaque enfant doit recevoir à Noël un vêtement neuf !

Le repas traditionnel des islandais pour Noël se compose généralement d'une soupe à la viande (Kjötsúpa), d'agneau fumé (hangikjöt), d'une perdrix des neiges ou d'une oie rotie, le tout accompagné de pommes de terre au caramel ...

Gleðileg jól ! (Joyeux Noël !) et Verði þér að góðu (Bon appétit !)


Vous pouvez lire ici, jour par jour, l'incroyable chronique de
la venue des treize Pères Noël islandais 2007 !


Mars - Avril - Mai 2007

Les vikings reviennent !
Nul n'ignore que la Normandie est la terre des "North Men" ... autrement dit : des Normands !

A Bayeux (Calvados), vous pouvez voir jusqu'au 2 mai une exposition intitulée "Sur les traces des vikings", en partenariat avec le Musée National du Danemark.
Cette exposition retrace une perspective historique autour de la célèbre Tapisserie de Bayeux, véritable bande dessinée du Moyen-Âge.

Sur près de 70 m de long et 50 cm de haut, cette broderie sur toile de lin réalisée au XIème siècle relate en 58 scènes la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant.
L'exposition présente des collections d'objets, d'armes, de costumes des maquettes de navires vikings. On y voit aussi des objets issus de diverses fouilles archéologiques scandinaves de la période viking tardive (Xe et XIe siècles), ainsi que des maquettes qui permettent de concrétiser l'héritage viking et de mieux comprendre l’origine de certaines représentations qui figurent sur la célèbre tapisserie.
La scénographie très réussie présente les objets devant de grandes reproductions de la Tapisserie, comme s'ils "sortaient de la scène". Ils sont décrits de façon simple, tant dans leurs caractéristiques que dans leur utilisation. Chaque objet explique sa propre histoire : la construction navale, l’outillage, l’armement, les vêtements, les bijoux ...
Un film de 15 minutes retrace la vie quotidienne au XIème siècle. Décor de voiles de navires, fond musical et ambiance océane contribuent à plonger le visiteur au cœur de l’épopée viking.
A noter que Bayeux est la seule étape française de cette exposition qui devrait rejoindre ensuite la Norvège puis l'Allemagne d'ici 2008.

Bonne nouvelle : les vikings ayant de toutes façons décidé de piller la caisse, la mairie de Bayeux a mis l'entrée gratuite ! ( Le site de l'expo )

Musée de la Tapisserie de Bayeux. Centre Guillaume le Conquérant.
13 bis rue de Nesmond. 14402 Bayeux (Tél : 02 31 51 25 50)

... et si c'est trop loin de chez vous, si vous ne pouvez pas y aller, vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil sur notre page "Au pays des vikings et des Sagas".


Octobre 2006

L'Islande annonce la reprise de la chasse commerciale à la baleine


Le 17 octobre, le Ministère islandais de la pêche a publié une déclaration annonçant la reprise de la chasse commerciale à la baleine. Une reprise "raisonnée et limitée", sur la base d'un quota de 39 baleines (pour la saison 2006-2007), dont 30 petits rorquals (baleines de Minke) et 9 rorquals communs. Cette décision a été suivie d'une communication lors d'une réunion officielle avec les ambassadeurs étrangers en poste à Reykjavík, expliquant les motifs de cette décision et anticipant les protestations de certains pays, notamment des États-Unis et du Royaume-Uni.

Le Ministère islandais de la pêche a diffusé un argumentaire détaillé et une liste de questions-réponses (en anglais) que vous pouvez lire en cliquant sur ces liens.

L'argumentaire officiel islandais pour la reprise d'une exploitation "raisonnée" de certaines espèces de baleines repose sur des considérations à la fois scientifiques et économiques.
L’Islande déclare que sa priorité absolue est la préservation des richesses des océans. Elle rappelle que l'économie du pays dépend pour près des deux tiers de ses exportations de produits de la mer et qu'un déséquilibre écologique dans les eaux islandaises aurait des conséquences dramatiques.
L'Islande part du principe qu'il existe de nombreuses espèces différentes de baleines dans les océans. Certaines de ces espèces sont effectivement menacées d'extinction et l'Islande reste fermement opposée à leur chasse. A contrario, d'autres espèces, totalement protégées depuis plus de vingt ans, ont trouvé des conditions favorables dans les eaux islandaises et s'y sont multipliées. Pour les seules baleines de Minke, on estime la population vivant actuellement autour de l'île à plus de 43 000 animaux adultes. Les milieux scientifiques islandais considèrent qu'une reprise "raisonnée" de la chasse concernant ces espèces s'inscrit dans les principes du "développement durable". Au total, pour la campagne 2006-2007, les prises décidées par Reykjavik ne représenteront que 0,2 % du stock de baleines de Minke et 0,04 % de celui de rorquals communs dans les eaux islandaises.
Parallèlement, les milieux de la pêche industrielle considèrent qu'une trop grande prolifération de certaines espèces de baleines dans certaines zones risque à terme d'appauvrir la ressource en poissons (en effet, toutes les baleines ne se nourrissent pas que de krill, certaines espèces, dont les baleines de Minke, consomment aussi du poisson et des calmars en grandes quantités).
Par ailleurs, l'Islande estime qu'une reprise "raisonnée" de la chasse à la baleine, reposant sur des quotas scientifiques, est une ressource économique comme une autre et en totale cohérence avec une politique de développement durable.
Enfin, la viande de baleine est considérée comme une viande saine, à faible taux de toxines et de polluants, riche en protéines et acides gras poly-insaturés de type Oméga-3 dont l'intérêt diététique est reconnu.

Cependant, même si l'argumentaire officiel islandais et la liste de questions-réponses qui l'accompagne méritent considération, il faut aussi prendre connaissance de la position des opposants.

Vous pouvez lire ici le contre-argumentaire de la WDCS (Whale and Dolphin Conservation Society)
et les contre-réponses du capitaine Paul Watson, fondateur et "éco-guerrier" de la Sea Shepherd Conservation Society.

En réponse à certaines questions concernant les rorquals communs, (espèce considérée au niveau mondial comme menacée), le Ministère islandais de la pêche a souligné que si les stocks de rorquals communs sont effectivement menacés en certains points du globe, ce n’est pas le cas dans la zone Centre-Atlantique Nord et notamment dans les eaux islandaises, où ces cétacés prospèrent (ce que les instances scientifiques internationales reconnaissent).

Face à la Commission Baleinière Internationale, dont le moratoire décidé en 1985 est toujours en vigueur, l'Islande estime que la reprise de la "chasse commerciale" n'est en rien illégale, les Islandais s’étant simplement engagés en 2002 à ne pas y avoir recours avant 2006 en espérant qu’au sein de la CBI un consensus serait trouvé d'ici là entre les divers membres (pro-chasse et anti-chasse) sur la gestion des cétacés. Aucun accord ni aucun progrès dans les discussions en ce sens n'étant intervenu, les Islandais ont déclaré en tirer les conséquences et reprendre leur liberté à travers leur décision du 17 octobre 2006.
Lors de sa dernière réunion en juin dernier, la Commission Internationale Baleinière avait fait un pas vers la reprise de la chasse commerciale à la baleine. Les partisans de la reprise de la chasse, Islande en tête, avaient réussi à faire adopter une résolution - à portée déclaratoire - affirmant que le moratoire de 1985 n’est plus nécessaire et que certaines espèces de baleines constituent une menace pour les réserves halieutiques. Ils n’avaient pas pu cependant réunir la majorité qualifiée nécessaire pour lever le moratoire, mais c’était la première fois en vingt ans qu’une résolution aussi clairement opposée au moratoire était votée à la CBI.
La Commission a pris également acte du fait qu’elle ne parvenait pas à un consensus pour fixer elle-même le cadre d’une chasse commerciale fondée sur des critères scientifiques et respectant les principes du développement durable.
Le Ministère islandais de la pêche note enfin que plusieurs États chassent la baleine sur une échelle nettement plus importante que l’Islande. Tel est le cas notamment des Etats-Unis, de la Russie, de la Norvège, du Groenland (dépendant du Danemark), et du Japon.

Face aux arguments de ceux qui évoquent la "cruauté" de cette chasse, l'Islande précise que les techniques de chasse modernes (harpons à charge explosive) permettent de réduire autant qu’il est possible la souffrance des animaux chassés : 80 % des baleines meurent instantanément lorsqu'elles sont frappées, les autres en quelques minutes.

S'agissant de l'utilisation des produits de cette chasse, l'Islande ne cache pas son intention d'en vendre une partie (notamment la viande) à l'étranger, vraisemblablement au Japon.

Enfin, le Ministère considère que la reprise de la chasse ne devrait pas menacer les activités touristiques de "whale-watching" en plein développement depuis quelques années. Une coexistence harmonieuse lui semble possible et souhaitable. Cependant, les groupes environnementalistes et certains professionnels du tourisme ne partagent pas cet optimisme ...

Mais qu'en pensent les Islandais ?

Un sondage Gallup effectué en septembre 2006 a montré que 75 % des islandais agés de 16 à 75 ans étaient favorables à une reprise de la chasse à la baleine selon des principes compatibles avec le "développement durable". Ce pourcentage n'a pas changé depuis un précédent sondage effectué en 1997. Cependant, pendant la même période, le pourcentage d'Islandais se déclarant résolument opposés à toute chasse commerciale est tombé de 20 % à 10 %.

"Heimdallur", le mouvement des jeunes du "Iceland’s Independent Party", a approuvé la décision du gouvernement Islandais de reprise de la chasse commerciale à la baleine. Selon ce mouvement, le droit de l'Islande à pratiquer cette chasse est naturel et logique, étant donné qu'elle est limitée et s'inscrit dans des principes de gestion scientifique des ressources, en accord avec la notion de développement durable.
A contrario, le mouvement des "Jeunes socialistes", issu du "Social Democratic Alliance Party", a fait une déclaration demandant au gouvernement islandais de suspendre sa décision. Ils considèrent que la reprise de la chasse commerciale à la baleine est susceptible de dégrader de manière sensible l'image de l'Islande sur la scène internationale et de nuire à son économie. Ils estiment par ailleurs que la reprise de la chasse à la baleine et la fixation de quotas sont des décisions qui ne peuvent pas être prises de manière unilatérale par l'Islande mais en concertation avec les autres nations concernées.

Sur le plan international, de nombreux pays ont émis des protestations officielles et ont demandé à l'Islande de reconsidérer sa décision.
L'ambassadeur du Royaume Uni a déposé un document officiel pour protester contre la décision islandaise. Ce document a été remis au Ministère Islandais des Affaires Etrangères au nom de 24 nations (dont la France) ainsi qu'au nom du Conseil de l'Europe.

Pour compléter ces informations, vous pouvez lire une discussion sur ce thème à laquelle nous avons participé dans Futura-Sciences
et accèder à une information plus générale sur notre page (dans ce site) "Au pays des baleines".




21 Octobre 2006

Les pratiquants de l'ancienne religion viking
ont célèbré "Haustblót", le sacrifice d'automne.


On sait que les islandais sont dans leur très grande majorité des protestants luthériens. On sait aussi que le christianisme a été adopté en Islande en tant que religion d'Etat dès l'an mille. Mais ce qu'on sait moins, c'est qu'au fil des siècles, un vieux fonds de paganisme scandinave s'est maintenu en Islande.

Cette religion appelée "Ásatrú" a obtenu un statut officiel en 1970 sous le nom de "Ásatrúarfelagið" (la société d'Ásatrú). Elle repose sur les fondements de la vieille mythologie scandinave, la religion originelle des vikings qui ont colonisé l'Islande au 10ème siècle.

Cérémonie Ásatrú Le 21 octobre, premier jour de l'hiver dans le calendrier traditionnel islandais, les membres d'Ásatrú ont célèbré la fête de "Haustblót". Une cérémonie en l'honneur d'Odin, le Dieu des Dieux, et de Freyja, la déesse de l'amour.

Après avoir béni les victuailles, ils ont partagé un festin composé principalement de viandes fraîches (cheval, mouton, saucisses de foie, boudins de sang ...).
En effet, aux temps anciens, l'entrée dans l'hiver était le moment où on procédait à l'abattage des bêtes excédentaires que l'on savait ne pas pouvoir nourrir pendant la période hivernale. L'essentiel de cette viande était préparée pour la conservation (dans du sel, ou du petit lait aigre) mais une part était consommée immédiatement au cours d'un grand festin. C'était une des rares occasions où l'on mangeait de la viande fraîche. On célèbrait alors les Dieux pour leur générosité.
Thor

Les membres d'Ásatrú célèbrent d'autres fêtes païennes : le solstice d'hiver (21 décembre), puis "Thorrablót", une fête qui prend place fin février pour le retour du soleil, puis "Sumardagurinn", premier jour de l'été (3ème jeudi d'avril), et enfin le solstice d'été (21 juin).

Ils disposeront prochaînement d'un temple qui va être construit à Reykjavík dans le quartier d'Öskjuhlíd, près du célèbre restaurant panoramique "Perlan".





Octobre 2006

La fin de la base américaine de Keflavík

Depuis la fin du mois de septembre, le drapeau américain ne flotte plus sur la base militaire de Keflavík, vide de ses troupes et de ses équipements. Mais Washington s’engage à assurer, en cas de danger, la défense de l’Islande. Une nouvelle ère s'ouvre dans les relations islando-américaines et dans la politique islandaise de sécurité et de défense.
La base américaine de Keflavík Comme nos lecteurs le savent, l’effondrement du bloc soviétique, dans les années 1990, déboucha sur des changements dans la stratégie des États-Unis, qui, depuis l’ « accord bilatéral de défense » de mai 1951, assuraient la sécurité de l’île avec des moyens militaires conséquents durant la « guerre froide ».
Pour beaucoup, à Washington, la base de Keflavík perdit peu à peu sa valeur stratégique.
Jointe à des raisons budgétaires, cette considération amena les Américains à « dégraisser » la base, en 1991 et 1994, tant en ce qui concerne les effectifs des troupes que l’importance des équipements (appareils F15, chasseurs de sous-marins Orion, etc).
Les Islandais durent s’en accommoder, mais on les assura qu’en 2001 des négociations globales auraient lieu, et que toute modification ultérieure sortirait d’une concertation bilatérale.

Washington, dès 2001, « traîna les pieds », tenta en 2003 de faire passer « en douceur » (et presque en « cachette ») la fermeture de sa base, mais dut se raviser devant la réaction énergique du Premier ministre David Oddsson. Jusqu’au jour (15 mars 2006) où le gouvernement américain fit part officiellement aux Islandais de sa décision irrévocable de rapatrier ses hommes et les matériels pour la fin de septembre 2006.

Des négociations devaient déterminer comment seraient assurées la sécurité et la défense de l’Islande après le « retrait » américain. Engagées dès avril 2006, elles viennent, au terme de plusieurs rencontres, de s’achever et de déboucher sur un projet d’accord.
Aussitôt le Premier ministre Geir Haarde, assisté de Jon Sigurdsson, chef du Parti du Progrès, et ministre par intérim des Affaires étrangères (la Ministre étant à l’Assemblée Générale des Nations Unies), réunit le 26 août dans l’après-midi, les dirigeants des formations politiques de l’opposition, puis la Commission des affaires étrangères du Parlement, pour leur communiquer les grandes lignes de l’accord en cause.

Les documents publiés alors comprennent :
1) un arrangement bilatéral (« Joint Understanding ») sur les mesures décidées en matière de défense ;
2) une convention (« Technical Agreement ») sur le retour à l’Islande de certaines zones et installations ;
3) une déclaration (« Yfirlysing ») du gouvernement islandais sur les tâches nouvelles incombant aux autorités nationales à la suite du retrait des forces américaines.
Selon ces textes, les Etats-Unis, en vertu de leur engagement de contribuer à la défense de l’Île, contenu dans l’accord de 1951, ont mis au point un plan pour la poursuite de cette collaboration et le respect dudit engagement, après le retrait des troupes et des armements d’Islande à la fin de septembre 2006. Le gouvernement de Reykjavík a donné son accord à ce plan dont les modalités ne seront pas, pour des raisons évidentes, rendues publiques. On sait seulement que les forces armées américaines seront prêtes à intervenir (de l’extérieur) très rapidement et avec des moyens appropriés, si la sécurité de l’île est menacée. Des mécanismes de consultation efficaces, aux niveaux décisionnels les plus élevés (y compris militaires) sont prévus, en cas de danger pour l’Islande. En outre, des exercices militaires américano-islandais (et/ou multilatéraux) auront lieu annuellement sur le sol de l’île ou dans l’espace aérien ou les eaux territoriales.
Les Américains ont, par ailleurs, accepté de faire fonctionner les stations radar jusqu’au 15 août 2007. Au-delà de cette date, des conversations s’ouvriront entre Washington, Reykjavík et l’OTAN concernant l’avenir (et le financement) du système, pour lequel une participation de l’Alliance Atlantique pourrait, sous certaines conditions, être envisagée.
Également sera mise à l’étude une coopération accrue entre les Garde-Côtes islandais et les Etats-Unis (exercices conjoints, formation, etc.).
Comme les Américains l’avaient annoncé, ils se retirent définitivement, le 30 septembre au plus tard, de certaines zones (notamment à - et autour de - Keflavík) qui sont rétrocédées à l’Islande et lui confirment le droit d’utiliser certaines installations s’y trouvant, en particulier pour le bon fonctionnement de l’aéroport. L’Islande donne son plein accord pour ces opérations, et se chargera de la remise en état (en particulier sur le plan de l’environnement) des zones en question.

Dans cette optique, une société, sous l’autorité du Premier ministre, mais à laquelle participeront les collectivités locales, va être créée pour étudier et mettre en œuvre la « reconversion » durable du district du Suðurnes.
Le gouvernement islandais rappelle, qu'il lui faudra, en tout état de cause, prendre une part accrue à la défense de l'Île.
Pendant longtemps, elle a bénéficié de la présence et de l'appui des hélicoptères de sauvetage américains ; elle devra désormais prendre en charge le recours à de tels équipements, en même temps que le renforcement des Garde-Côtes (deux hélicoptères et un vaisseau supplémentaires), et l'établissement d'une structure spécialisée de la sécurité nationale.
De larges consultations vont être entreprises très prochainement à cet effet. Le Ministre de la Justice Björn Bjarnason, qui s’est déclaré au demeurant satisfait des termes des accords, veillera, entre autres à la mise en œuvre de cet aspect de la sécurité de l’Île, sur laquelle se penchera un Centre interministériel.

Rappelons qu’en Islande, il n’y a pas de Ministère de l’Intérieur, et certains domaines qui, en France, relèvent de la compétence de ce Département, sont du ressort du Ministère de la Justice : on sait en outre que Björn Bjarnason a pris à bras le corps depuis quelques mois nombre de problèmes relatifs à la protection du pays (terrorisme, etc.).

Le nouvel « arrangement » qui va être signé le 11 octobre à Washington, pas plus que les « Agreed Minutes » de 1994 et 1996, ne sera soumis à l’Althing (Parlement). On en a parlé évidemment au cours du débat de politique générale ouvert les 3 et 4 octobre après le discours inaugural du Premier ministre, dans le cadre de la rentrée parlementaire. Puis il en sera question dans le débat annuel de politique étrangère qui a lieu en novembre.
D’ores et déjà, les Sociaux-Démocrates ont émis des réserves sur la manière avec laquelle le gouvernement avait négocié, et rappelé leur attachement à un resserrement des liens (notamment en matière de défense) avec l’Union Européenne. La « Gauche Verte » (extrême gauche hostile de longue date à l’OTAN et à la Base de Keflavík) s’est félicitée du départ des Américains et préconise une politique fondée sur le pacifisme et le neutralisme.

(d'après un article de Jacques Mer, avec son aimable autorisation)

Pour en savoir plus : un excellent dossier sur la géopolitique de l'Islande de 1944 à nos jours (par Lionnel Bellier, Master de géopolitique à l’Université de Paris Panthéon-Sorbonne).


Exposition : "Pêcheur d'Islande, une vie sans printemps"

Jusqu'au 31 décembre 2006 au Musée Portuaire de Dunkerque.


La pêche "à Islande" (comme on disait à l'époque) a représenté une activité majeure dans l'économie de la Flandre maritime. A son apogée, au milieu du XIXe siècle, Dunkerque, qui était le plus important port français de pêche à la morue, voyait partir chaque année 130 navires vers les côtes islandaises.

L'exposition nous fait revivre cette épopée en adoptant tour à tour les points de vue d'un capitaine et de sa femme, d'un jeune mousse et d'un armateur.

Elle évoque les conditions de travail dans le froid et l'humidité, la vie harassante et monotone de ces marins d'exception séjournant six mois loin de leur sol natal pour subvenir aux besoins de leur famille. Elle rappelle l'impact de cette pêche "à Islande" dont la prospérité bénéficiait à toute la cité et explique comment le mode de préparation très soigné du poisson faisait de la morue apprêtée "à la dunkerquoise" un mets de luxe très recherché sur le marché français.

MUSÉE PORTUAIRE. 9, quai de la Citadelle ­ 59140 Dunkerque
Tel : 03 28 63 33 39.   E-mail : museeportuaire@nordnet.fr
Site internet : http://www.museeportuaire.com/

Conférence spéciale mercredi 22 novembre à 18h00 : " La pratique de la grande pêche à Gravelines : de l'Islande à la mer du Nord", par Alain Deflesselles, historien local. Il évoquera la pêche à la morue telle qu'elle a été pratiquée "à Islande" jusqu'en 1938 et en Mer du Nord sur le Dogger Bank à bord de modestes navires, appelés nordiers. Auditorium du musée, entrée libre.




Noël en Islande

Gleðileg Jól !     Joyeux Noël


La tradition de Noël ("Jól") en Islande remonte à l'époque où les premiers colons vikings, au 9ème siècle, fêtaient le solstice d'hiver (21 décembre). On fêtait le moment à partir duquel, insensiblement, les jours recommençaient à s'allonger.

Les Sagas offrent de nombreux témoignages de ces fêtes caractérisées par des banquets. Dans la Saga d'Egils Skallagrímsson, dans la Saga de Grettir, on assiste aux préparatifs puis à la fête où on "buvait Jól". Dans la Saga des Groenlandais, on voit Eiríkur Rauði (Eric le Rouge) fort contrarié parce qu'il n'a pas de quoi préparer la boisson pour fêter Jól ... C'est alors que son compagnon Þorfinnur karlsefni revient du Vinland (l'Amérique) et sauve la situation en apportant du malt pour faire de la bière en quantité !
Plus tard, vers l'an mille, avec la conversion de l'Islande au christianisme, on a légèrement décalé la date de Jól pour la faire coïncider avec la naissance du Christ, le 25 décembre.


Aujourd'hui, Noël en Islande ("Jól"), c'est vraiment particulier !
Il n'y a pas un Père Noël, mais treize ! Et ils sont tous plus bizarres les uns que les autres ...


A partir du treizième jour avant Noël, ils descendent chacun à leur tour des Bláfjöll (les Montagnes Bleues, non loin de Reykjavík) où ils habitent, et viennent visiter les gens. Le premier vient pendant la nuit du 12 au 13 décembre et le dernier la nuit de Noël. Chacun d'eux dépose un petit cadeau dans la chaussure des enfants sages ... ou bien une vieille pomme de terre dans celle des enfants qui n'ont pas été sages.

Ces Pères Noël islandais (Jólasveinar) ont des petits noms évocateurs de leurs facéties :

  • Le premier s'appelle Stekkjarstaur (Jambes raides). Il tente par tous les moyens de traire les brebis pour boire leur lait.
  • Le second, Giljagaur (Lutin de ruisseau) a plutôt une addiction pour le lait des vaches.
  • Le troisième, Stúfur (Court sur pattes) gratte soigneusement ce qui reste dans les poëles à frire.
  • Le quatrième, Thvörusleikir (Lècheur de cuillère en bois) porte bien son nom : si on laisse une cuillère sale dans la cuisine, on est sûr de la retrouver parfaitement "nettoyée" le lendemain matin ! On le pardonne car il est très maigre !
  • Le cinquième, Pottasleikir (Lècheur de casserole) fait de même avec les casseroles et marmites en tous genres.
  • Le sixième, Askasleikir (Lècheur de gamelles) se cache sous un meuble et va manger le contenu de la gamelle du chat ou du chien pendant qu'ils dorment.
  • Le septième, Huroaskellir (Claqueur de portes) s'introduit dans les maisons et s'amuse à faire du bruit pour empêcher les gens de dormir.
  • Le huitième, Skyrgámur (Goinfre de skyr) avale tout le skyr (fromage blanc maigre) qu'il peut trouver.
  • Le neuvième, Bjúgnakrækir (Voleur de saucisses), vole toutes les saucisses qu'il peut trouver dans le réfrigérateur.
  • Le dixième, Gluggagægir (Curieux voyeur) espionne par les fenêtres, entre dans les maisons et vole les jouets qui lui plaisent.
  • Le onzième, Gáttaþefur (Renifleur de portes) a un gros nez, il renifle l'odeur des gâteaux et vole ceux qui sentent bon.
  • Le douzième, Ketkrókur (Crocheteur de viandes) essaie de voler toute la viande qu'il peut attraper avec son crochet.
  • Le dernier, Kertasníkir (Souffleur de bougies) vient la nuit de Noël. Il joue à souffler les bougies pour plonger les maisons dans le noir. (Les parents peuvent mettre à profit son passage pour disposer les cadeaux autour du sapin ... Mais chuttt ... ! il ne faut pas le dire !)
Les noms des treize Pères Noël sont issus d'un recueil de contes populaires publié en 1862 par Jón Árnason, mais ces dernières années, d'autres Pères Noël viennent parfois augmenter la petite troupe ...

Ainsi, Mesdames, méfiez vous en traversant les passages ventés des rues de Reykjavík : Faldafeykir (le souleveur de jupes) n'attend que ça pour dévoiler vos dessous ...
Et quand vous faites vos achats de Noël, si vous dépassez les limites du raisonnable, vous risquez de devoir affronter le plus moderne de tous, peut-être le plus redoutable : Kortaklettar ... le coupeur de carte bancaire !

Dans la tradition islandaise, ces étranges Pères Noël sont issus d'une drôle de famille : leur mère est une ogresse très méchante qui s'appelle Grýla et leur père est un gros paresseux bon à rien nommé Leppalúði.
Autrefois, on faisait tellement peur aux enfants en les menaçant de Grýla que le Parlement a du voter une loi pour interdire de le faire !
Le chat de la famille de Grýla (Jólaköttur) est aussi une terreur : la nuit de Noël, il peut venir voler des enfants pour les manger. Mais il ne peut voler que les enfants qui ne portent pas un habit neuf. C'est la raison pour laquelle les enfants reçoivent toujours un vêtement neuf pour Noël !

Le repas traditionnel des islandais pour Noël se compose généralement d'une soupe à la viande (Kjötsúpa), d'agneau fumé (hangikjöt), d'une perdrix des neiges (rjúpa) ou d'une oie rotie, le tout accompagné de pommes de terre au caramel ...

Gleðileg jól !     Joyeux Noël ... et bon appétit !



Octobre 2006

Exposition : "Islande, terre de lumière" à Bordeaux

du 23 au 31 octobre 2006

Par le Professeur Jacques Battin, membre de l'Académie de Médecine, sous le haut patronage de M. Herman Mostermans, consul honoraire d'Islande. Salle Capitulaire, 5 rue Mably, à Bordeaux.

Exposition : "Photos d'Islande" à Gravelines (Nord)

Eric Duval, enseignant à Gravelines et initiateur de nombreuses activités sportives, a effectué avec deux co-équipiers pendant l'été 2005 un "raid-cyclo" de 950 kms au coeur de l'Islande.
Il expose jusqu'au 31 octobre une cinquantaine de leurs photos (dont des panoramiques de près de 2 m) à la Maison des Associations de Gravelines (Nord). Renseignements : Mairie de Gravelines : 03 28 22 59 00.


Mars 2006

L'Islande veut expérimenter le basalte comme
arme contre le réchauffement de la planète


On sait que l'Islande fait depuis longtemps figure de pays pionnier dans la lutte contre les gaz à effet de serre et contre le réchauffement de la planète. Les experts islandais sont reconnus dans le monde entier comme leaders dans le domaine de la géothermie ou celui de l'hydro-électricité. Grâce à ces sources d'énergie propres, l'Islande n'utilise que le minimum indispensable d'énergie d'origine fossile. Ces dernières années, c'est un ambitieux programme "hydrogène" qui a été mis en place (certains bus de Reykjavík fonctionnent déjà grâce à ce carburant de l'avenir) et qui permettra peut-être à l'Islande de devenir un des premiers pays au monde à s'affranchir complètement du pétrole.

Mais le réchauffement de la planète ne connaît pas de frontières, et l'Islande s'implique de plus en plus pour imaginer des solutions applicables bien au-delà de son propre environnement.

Le basalte peut-il permettre de lutter efficacement contre le réchauffement climatique ? L'Islande a entrepris de tester la capacité de cette roche volcanique omni-présente dans son sous-sol (mais abondante aussi dans de nombreux autres pays) à piéger les émissions de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre.

Sigurður Reynir Gíslason, un professeur de géologie qui participe à ce projet, explique : "Nous espérons montrer au monde avec cette étude pilote qu'un processus naturel peut être utilisé pour transformer les émissions de CO2 en un état solide et les stocker dans le sol pendant des milliers ou des millions d'années".

On sait depuis plus de cinquante ans que l'érosion par dissolution naturelle des roches consomme du CO2 présent dans l'atmosphère. Le processus, lié à la pluie, se traduit par des rejets dans la mer de CO2 dissous et d'agents chimiques produits par le phénomène d'érosion. Une fois dans l'océan, le CO2 dissous se combine avec du calcium pour former du carbonate de calcium solide, autrement dit du calcaire, qui se sédimente au fond des mers et des océans.
Les géologues islandais se sont rendus compte que ce processus naturel est particulièrement rapide avec le basalte, qui contient par ailleurs beaucoup de calcium pouvant se combiner avec le gaz carbonique pour former du carbonate de calcium.

Eileen Claussen, présidente du Centre Pew sur le changement climatique mondial basé à Washington, se dit encouragée par une telle étude : "Le Centre Pew pense, avec beaucoup d'autres, que capturer le dioxyde de carbone et le stocker dans des formations géologiques du sous-sol peut représenter une partie significative de la solution au changement climatique".

Parallèlement, l'Institut Français du Pétrole (IFP) en collaboration avec la Commission Européenne est en train de mettre au point le projet "Castor", un modèle industriel dit de "captage du CO2" : ce mois-ci, à la centrale d'Esbjerg au Danemark, a été mise en service la première installation permettant de capturer le dioxyde de carbone dans les fumées d'une centrale thermique, pour le stocker dans le sous-sol.
En Norvège, la compagnie norvégienne Statoil met en application certains principes que l'étude islandaise va s'attacher à développer. Statoil sépare ainsi le CO2 du gaz naturel qu'elle extrait des profondeurs de la mer du Nord. Ce CO2 est ensuite liquéfié et réinjecté dans des forages de 1.000 mètres de profondeur creusés à cet effet dans le fond de l'océan. La compagnie Statoil évite ainsi de rejeter dans l'atmosphère 2600 tonnes de CO2 chaque jour !

On sait aujourd'hui que les géants économiques de la planète sont aussi les principaux producteurs de gaz à effet de serre responsables du réchauffement de la planète. Devant l'aggravation du phénomène, l'inertie ou le refus d'agir seront des positions de plus en plus difficiles à tenir devant la communauté mondiale, et les difficultés liées à la signature du Protocole de Kyoto ont montré l'impasse vers laquelle on risque de s'acheminer.

Si les travaux des scientifiques islandais permettent de faire progresser les techniques de récupération du CO2 et sa neutralisation dans les roches basaltiques, les pays qui contribuent le plus à l'émission de gaz à effet de serre seront en mesure de capturer le CO2 avant qu'il ne soit rejeté des usines, des centrales à combustibles fossiles et des raffineries de pétrole, et de l'enfouir en toute sécurité dans les roches du sous-sol.

"L'Islande ne sauvera pas le monde, même si le procédé fonctionne", tempère le professeur Sigurður Reynir Gíslason, "Personne n'a la capacité de capturer tout le CO2 émis par la combustion des énergies fossiles. Mais de plus en plus de preuves montrent que le climat se réchauffe. Nous devons faire quelque chose".



Janvier-Février 2006

"Þorri" ... le temps des plats traditionnels islandais

Dans les traditions islandaises, "Þorri" est le nom du 4ème mois de l'ancien calendrier viking. Il commence toujours un jeudi, entre le 19 et le 25 janvier, et finit toujours un samedi, entre le 18 et le 24 février.

Dans l'Islande d'aujourd'hui, à la fois si moderne et si attachée aux traditions, Þorri est l'occasion de renouer avec une très ancienne fête païenne : "Þorrablót", un repas où on retrouve les traditions culinaires anciennes. La plupart des familles se font un honneur de mettre sur la table les aliments d'autrefois (appélés "þorramatur", les mets du mois de þorri ), dont certains sont devenus carrément des plats d'anthologie.

Jugez-en plutôt !
Hakarl, requin faisandé C'est au niveau des entrées et des amuse-gueules servis en apéritif que se situe l'épreuve la plus redoutable. Ces petits cubes paraissent inoffensifs, mais ce sont de véritables bombes !
Il s'agit de hakarl, de la chair de requin longuement faisandée sous terre puis sèchée à l'air libre.
Dissimuler un haut-le-coeur ou parvenir à réfréner un vomissement intempestif sont considérés comme un minimum pour être un vrai descendant de viking !
Une fois l'objet avalé, la survie du consommateur est conditionnée par l'absorption immédiate d'un verre de Brennivín (voir ci-dessous).
harðfiskur Bien qu'un peu déroutante pour les narines sensibles, la suite est beaucoup plus inoffensive pour les palais, même délicats.
Le harðfiskur (poisson sèché) a constitué pendant des siècles la nourriture de base des islandais, remplaçant même le pain dans ce pays où la farine (nécéssairement importée) était un luxe.

De nos jours, le harðfiskur est vendu un peu partout, aux caisses des supérettes notamment. C'est l'amuse-gueule favori des islandais, le petit en-cas rapide, le "bonbon", que tout le monde apprécie, tel quel ou avec un petit morceau de beurre.
En Islande, pensez-y quand vous aurez envie d'une barre chocolatée ... le harðfiskur, c'est bien meilleur pour la santé !
Svid On passe ensuite aux choses sérieuses avec les plats de résistance.
La svið (tête de mouton marinée dans du petit-lait aigre et bouillie) est un plat de haute tradition en Islande, et toujours très apprécié. On prend soin de brûler la laine sur la tête avant la cuisson, ce qui donne un petit parfum de suint fumé indissociable de ce plat.
Les amateurs de réalisme gastronomique consomment la svið telle quelle, tandis que d'autres préfèrent la consommer sous forme d'une sorte de "fromage de tête", la sviðasulta.
Ce plat reste très populaire en Islande et est consommé couramment même en dehors des festins de Þorrablót.
Hrútspungar Incontournables pour un vrai repas de Þorrablót, voici les hrútspungar, testicules de mouton longuement marinés dans du petit-lait aigre, compressés, puis coupés en tranches.

Les amateurs décrivent le goût de ce plat comme quelque chose de particulièrement subtil, à mi chemin entre le puissant arôme du bélier et le fumet de la vieille morue.
hangikjöt Accessible à tous les palais, même à ceux des touristes qui en font leurs sandwiches, le hangikjöt fait également partie des plats traditionnels de Þorrablót.

Ces fines tranches d'agneau salé et fumé sont le jambon des islandais ...
Brennivín L'accompagnement de ces plats reste très traditionnel, en général des pommes de terre, souvent caramélisées (brúnaðar kartöflur) ou bien servies en purée bien lactée, beurrée et sucrée (kartöflustappa).

Cet aperçu de la gastronomie de Þorrablót ne serait pas complet si on ne parlait pas de la boisson.
La bière est largement présente, bien sûr, mais c'est surtout le brennivín qui est à l'honneur : l'eau de vie traditionnelle islandaise, autrement appelée "la mort noire", un alcool assez fort (37,5°) élaboré par distillation de pommes de terre et aromatisé au cumin.
Le brennivín est considéré comme un produit de survie après avoir goûté au hakarl (requin faisandé) et en toute hypothèse comme une boisson indispensable pour digérer le festin de Þorrablót !


Miss Islande élue Miss Monde le 10 décembre 2005
Depuis le temps qu'on vous dit que c'est beau, l'Islande !!!

Miss Islande 2005, Unnur Birna Vilhjálmsdóttir,
a été élue Miss Monde le 10 décembre !


Unnur Birna a 20 ans, elle est étudiante en droit à Reykjavík. C'est aussi une danseuse hors pair (elle donne des cours de danse), et pendant ses congés universitaires de l'été dernier, elle a travaillé ... comme policier !

La belle Unnur a de qui tenir, puisque sa maman avait été Miss Islande en 1983 !

Dans la série "les records enviables", c'est quatrième fois dans l'histoire de cette compétition de charme qu'une jeune fille du pays de la glace et du feu remporte le titre de Miss Monde (précédentes : Gudrún Bjarnadóttir en 1963, Hólmfrídur Karlsdóttir en 1985 et Linda Pétursdóttir en 1989).


L'Islande des bons records

Au tableau d'honneur mondial pour l'absence de corruption !

L'organisme international "Transparency International" a publié pour l¹année 2005 son classement de 159 Etats du monde sous le rapport de l'existence (ou de l'absence) de corruption. Ce classement est mesuré par un indice qui prend en compte un assez grand nombre de critères. L'Islande se voit attribuer la palme d'or, au premier rang mondial en ce qui concerne l'absence de corruption. Elle est suivie de la Finlande, de la Nouvelle-Zélande et du Danemark.

Le taux d'emploi des adultes en Islande : encore un record !

Selon un rapport récent de l'OCDE, le taux d'emploi de la force de travail n'est nulle part plus élevé au sein de l'OCDE qu'en Islande. Il est de 88 % pour pour les 25-49 ans et de 85 % pour pour les 50-64 ans. Les moyennes de l'OCDE sont respectivement de 75 % et de 60 %. On sait que le taux d'emploi relativement faible des actifs les plus âgés est une préoccupation constante dans les pays riches, alors que l'allongement de la durée de la vie, le vieillissement des populations, l'état des finances publiques et de celles des organismes de sécurité sociale ou de retraites créent des contraintes considérables sur lesquelles butent les politiques. Aussi bien, le "cas islandais", même s'il n'est pas aisément transposable, mérite-t-il attention.



Novembre 2005

Relations islando-américaines : la base US de Keflavík

Les "conversations américano-islandaises" sur la contribution de Washington à la sécurité de l'Islande et sur la prorogation et la "mise à jour" de l'accord de 1951, engagées en juillet, ont donné lieu le 19 octobre à une simple rencontre entre les deux chefs de délégations qui n'a pas été suivie de négociations proprement dites. Celles-ci devraient reprendre à une date ultérieure (non encore fixée).
Mais la guerre froide est bien loin, et la valeur stratégique que représente l'Islande pour les Etats-Unis a diminué dans l'actuel contexte international. Les discussions aboutiront, selon toute probabilité, à une diminution de l'effort américain et à une contribution financière accrue de Reykjavik . C'est principalement sur l'ampleur de cette contribution que des divergences séparent encore les deux pays, tandis que Washington a besoin de plus de temps pour voir quelle forme concrète revêtira sa présence en Islande.

Pour en savoir plus sur la base américaine de Keflavík et sur la politique de défense et de sécurité de l'Islande de 1996 à 2005, voir l'article de Jacques Mer dans Biblio-Monde.



1er trimestre 2005

DOSSIER ENVIRONNEMENT : Les conséquences du réchauffement
climatique de la zone arctique sur la politique étrangère islandaise.

Par M. Jacques Mer, ancien ambassadeur de France en Islande,
Président honoraire de l'association France-Islande.

Un séminaire sur le réchauffement de la zone arctique, sous le patronage de diverses administrations américaines, s’est tenu à Washington, fin janvier. Au cours de cet atelier, l’Ambassadeur Gunnar Palsson, Directeur du Département des Ressources Naturelles et des Affaires Environnementales au Ministère islandais des Affaires étrangères, a fait une communication sur les conséquences possibles de ce réchauffement en matière de politique internationale, telles que les appréhende l’Islande.

Gunnar Palsson s’appuyait sur un document, l'Etude sur l'impact des changements climatiques dans l'Arctique (ACIA), réalisée par plus de 250 chercheurs du Conseil Arctique, et publiée par cette organisation en novembre 2004. Le Conseil arctique est une organisation internationale régionale, créée en 1996 par les cinq États nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède), les Etats-Unis, le Canada et la Russie. Le Conseil entend coordonner les actions de coopération tendant à la protection de l’environnement arctique sérieusement menacé et à la sauvegarde de l’identité culturelle -également menacée- des populations autochtones : Samés, Inuits, etc. Sa présidence tournante a été tenue par l’Islande entre la fin 2002 et la fin 2004.

I) Historique

A) L’Étude sur l’impact des changements climatiques : principales conclusions.

L'Arctique, où les températures augmentent deux fois plus vite qu'ailleurs, pourrait présenter un visage très différent d'ici la fin du siècle avec une disparition totale de la glace en été et un changement radical de sa biodiversité. En raison des émissions futures de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres gaz à effet de serre "modéré", les températures moyennes enregistrées dans la région risquent d'augmenter de 4 à 7 degrés d'ici 2100.
Le réchauffement de l'atmosphère peut dès lors provoquer la disparition totale, en été, de la calotte glaciaire en l'espace d'un siècle et menacer les espèces vivant sur la banquise comme l'ours polaire. D'autres espèces, venues des contrées tempérées, prendront le relais. "C'est un paradoxe : la fonte des glaces augmentera la biodiversité, mais les espèces arctiques seront en danger".

Selon une des projections utilisées, la glace pourrait avoir totalement fondu, en période estivale, dès 2070. Si la fonte de la banquise ne provoque pas en soi de hausse du niveau des océans (la glace flottante prend plus de place que l'eau qu'elle contient), la fonte des glaciers terrestres devrait en revanche provoquer un relèvement accéléré du niveau des océans - les estimations varient de 10 à 90 cm -, obligeant au déplacement des populations vivant sur le littoral.
Le recul de la banquise a aussi des effets positifs, selon les chercheurs. Il permettra à terme d'ouvrir un "passage Nord" pour le trafic maritime entre les océans Pacifique et Atlantique - aboutissant à des gains de temps par rapport au trajet passant par le canal de Suez -. Il crééra de nouveaux espaces à la pêche et à l'exploitation minière (La région arctique recèlerait d’importantes ressources en hydrocarbures). "Ce n'est pas seulement négatif, ça ouvre aussi des possibilités. Cela dépend du point de vue : la compagnie pétrolière pense que c'est une bonne chose mais l'Inuit sur la banquise est certainement d'un autre avis".

B) La déclaration de Reykjavik (24 novembre 2004)

Les dirigeants des huit pays du Conseil arctique - Etats-Unis, Canada, Russie, Japon, Finlande, Suède, Islande et Norvège -, responsables à eux seuls d'environ 30 % des émissions humaines de CO2, se sont réunis au niveau ministériel le 24 novembre 2004 à Reykjavik pour réfléchir aux suites politiques à donner à l’étude.
De cette réunion, il est sorti une déclaration, jugée "anodine et sans saveur" par nombre d’observateurs (dont les ONG environnementalistes), mais que la nature même du Conseil laissait prévoir. Dépourvu de pouvoir décisionnel contraignant, celui-ci ne pouvait qu’adopter des sortes de vœux pieux. Il s’agissait avant tout de ne pas provoquer de réactions défavorables chez ses membres, et notamment aux Etats-Unis hostiles au protocole de Kyoto et à ses dispositions concernant les émissions de gaz à effet de serre.

II) La conférence de l’Ambassadeur Gunnar Palsson. Quelques conséquences politiques du réchauffement : un regard islandais

L’Ambassadeur Gunnar Palsson le précise au départ : il n’est pas simple de déduire des conséquences opérationnelles de l’étude des chercheurs et l’interface entre savants et décideurs est complexe.
Les responsables islandais, par exemple, avant toute prise de décision (en dehors de celles relatives à une réduction des gaz à effet de serre), doivent d’abord voir clair sur trois points. Ceux-ci sont essentiels dans un pays qui tire sa richesse actuelle (une des plus élevées du monde par tête d’habitant) d’une abondance de ressources naturelles (marines et énergétiques), de la mise en œuvre de technologies avancées pour leur exploitation et du développement des transports maritimes et des communications, donc du commerce extérieur.

Les points à éclaircir sont les suivants :
1) la productivité des centrales hydroélectriques sera certainement affectée par la fonte des glaciers : peut-on espérer que ce phénomène sera contrebalancé par l’accroissement des précipitations ;
2) s’agissant des pêcheries, elles seront touchées par le réchauffement des océans, qui entraînera de profonds changements dans la distribution des espèces de poissons. Certaines d’entre elles émigreront sans doute vers le Nord, comme le capelan. Par quoi seront-elles remplacées ? Quelles seront les conséquences économiques de ce changement ? De ces deux interrogations, on peut déjà tirer une conséquence de nature politique. Les pays de la zone arctique doivent intensifier leur coopération en matière de recherches écologiques, et en matière d’interface science/politique ;
3) la diminution de la superficie de la banquise accroîtra le champ du transport maritime, et ouvrira de nouvelles "routes". De par sa position, l’Islande, qui dispose de ports excellents, devrait pouvoir profiter de cette opportunité, et se prêter à des opérations de transit ou de transbordement des marchandises et des services. La coopération entre États arctiques dans le domaine des communications et des transports circumpolaires devient une nécessité absolue.

Pour autant, la collaboration dans le cadre du Conseil arctique -le seul forum intergouvernemental spécifique à la zone- ne saurait empiéter sur les activités d’autres organisations internationales, comme l’Organisation Maritime Internationale, l’OTAN, le Conseil de Partenariat Euro-Atlantique, ou le Conseil OTAN/Russie (les deux dernières pour les questions de sécurité internationale). Il appartient à chaque État arctique de prendre conscience intensément des problèmes les plus préoccupants (tel le réchauffement) et de faire usage de cette conscience dans les organismes auxquels il adhère et au sein desquels il est actif.


ENVIRONNEMENT : le Président islandais assiste à un forum
international en Inde sur le "développement durable"


Le Président de la République Olafur Ragnar Grímsson a, début février, prononcé le discours d’ouverture d’un forum international consacré au développement durable, en Inde. Il en a profité pour mettre l’accent sur les conséquences du réchauffement durable, et donner en exemple le cas de la zone arctique, en s’appuyant sur le rapport des experts du Conseil arctique.
Il a "invité les participants à venir en Islande et dans les régions arctiques se rendre compte des risques et enjeux en question", mettant en cause l’attitude des Etats-Unis, qui adoptent une attitude négative dans la lutte contre les émissions de gaz à effets de serre.
Il s’est par ailleurs félicité de la part prise par son pays dans cette lutte, grâce notamment à la promotion des énergies renouvelables, en particulier de l’énergie géothermique.


Début novembre 2004, le volcan Grimsvötn est entré
en éruption sous la calotte glaciaire du Vatnajökull,
confirmant encore une fois la devise de l'Islande :
"Ís og eldur" : la glace et le feu !


Pour en savoir plus, et voir les photos de l'éruption, cliquez ici !

Impressionnantes photographies également sur le site de l'Institut islandais
des sciences de la terre : cliquer ici.


Du 27 septembre 2004 au 5 janvier 2005 au Palais de la Découverte à Paris,
Islande - Terre vivante
  Une exposition pour découvrir la magie et la beauté de la nature islandaise.


Coproduite par le Ministère de la culture et de l’éducation islandais et par le Palais de la Découverte, Islande – Terre vivante est une exposition de grande envergure qui montre la réalité contemporaine de l’Islande et invite le public à réviser les clichés habituels en partant à la rencontre du pays et de ses habitants.

Les visiteurs sont immergés dans une atmosphère propice à leur communiquer la particularité du climat, de la nature et des réalisations scientifiques du pays. La scénographie mise en œuvre incarne à la fois la modernité islandaise et la spécificité de ses traditions : l’exposition est composée de spectacles audiovisuels, d’effets sonores et de décors spectaculaires ...

L’exposition s’inspire aussi de la grande tradition orale des Sagas islandaises. Accompagné par des « elfes », le public traverse un univers fait de glace (provenant d’un glacier islandais), de geysers, de vent, d’aurores boréales, d’eau, de feu et de pyramides de lave : en entrant dans la salle d’exposition, les visiteurs sont happés par le vent et les bruits de tempête. A l’intérieur, un brouillard couvre le sol ... les visiteurs peuvent ramasser des morceaux de lave.

Toutes les trente minutes, un elfe fort sympathique fait son apparition pour guider les visiteurs, tout en racontant et en expliquant les informations scientifiques et historiques.

Les caractéristiques de l’environnement islandais sont déclinés selon cinq grands thèmes scientifiques : la volcanologie, la recherche en biologie marine, l’utilisation de la géothermie, le projet islandais d'énergie-hydrogène et la recherche génétique. Les centres de recherche islandais ainsi que les grandes entreprises scientifiques sont également présents pour révéler leurs travaux les plus récents, et de nombreux colloques viennent également enrichir ce portait de l’Islande.

En complément, le Palais de la découverte propose en continu, au premier étage, un magnifique film sur les aurores boréales.

Le catalogue de l’exposition (un numéro spécial du magazine Iceland Review) offre un complément d’informations sur les cinq grands thèmes déclinés dans l’exposition.

Pour en savoir plus ...


Juin 2004.

Le 17 juin, l'Islande célèbre sa fête nationale, mais avec un éclat particulier cette année puisqu'elle commémorera le soixantième anniversaire de son indépendance et de la proclamation de la République, intervenue le 17 juin 1944, après plus de 800 ans de domination d'abord norvégienne puis danoise.
Une période de souvenirs difficiles que les islandais appellent "la longue nuit" (pour en savoir plus, voir notre page histoire).

L'Islande commémore l'évènement notamment sur le site historique de Þingvellir. Devant l'Almannagjá, ("la gorge de tous les hommes") où se réunissait le premier parlement viking, l'hymne national a résonné et le drapeau islandais a été solennellement dressé dans ce lieu mythique où tout islandais a une partie de son âme.
La capitale aussi a été à l'honneur, on a fait la fête à Reykjavík toute la journée et toute la "nuit" (nuit lumineuse à cette période de l'année !).


De Mai à Novembre 2004.

Les vikings sont de retour en Bretagne !

Avec une grande exposition sur "L'Europe des vikings", à partir du 14 mai (et jusqu'en novembre), à l'abbaye de Daoulas (Finistère).
Depuis 1992 et l’exposition du Grand Palais à Paris, aucune exposition d’envergure nationale n’avait été consacrée aux vikings. Après deux ans de travail sous le contrôle scientifique du professeur Régis Boyer, spécialiste mondial des vikings, le Centre Culturel de l'Abbaye de Daoulas a rassemblé 450 pièces authentiques en provenance de nombreux musées français, anglais, russes et scandinaves.
L'exposition rassemblera de nombreux objets d'archéologie pour évoquer l'aventure unique de ces conquérants des mers et leur impact sur l'histoire de l'Europe médiévale.

La scénographie entièrement originale présentera un ensemble de pièces allant des casques, des épées et des grandes haches aux plus délicats bijoux d’or. Une place particulière sera réservée aux objets de la vie quotidienne, ceux de la maison, du maréchal-ferrant ou de la tisserande, ou encore ceux de la ferme, pour nous rappeler qu'avant d’être les navigateurs conquérants qu'on imagine volontiers, les vikings étaient aussi des terriens, des fermiers, et des commerçants.

L'exposition évoquera bien sûr les incroyables voyages des vikings et le brassage des cultures qui en a résulté. On pourra voir à l'abbaye de Daoulas les fascinants trésors d’argent découverts dans l’île de Gotland, dans les tourbières danoises et dans les lacs russes, des pierres peintes et gravées, des inscriptions runiques trouvées en scandinavie. On verra aussi de nombreux objets rapportés par les vikings de leurs expéditions lointaines : des pièces d’argent islamiques, des bijoux, des pièces d'orfèvrerie irlandaises, des poteries précieuses rapportées des routes de l’Est, de Russie, de Constantinople ou de Bagdad ...
Enfin, des chartes et des manuscrits islandais ou danois seront là pour témoigner du mode de transmission de la mémoire des vikings.

Pour en savoir plus sur cette exposition : http://abbaye-daoulas.com/fr/expos/index.html

Et pour s'y préparer, en commençant par nuancer les nombreuses "idées reçues" sur les vikings, notre page "Au pays des vikings et des sagas", dans ce site.


22 avril 2004 : c'est le premier jour de l'été en Islande !

Gleðieg Sumar ! (" Joyeux été ! "). Oui, le 22 avril est officiellement le coup d'envoi de l'été islandais !
La plupart des gens ont une journée de repos et en profitent pour faire des randonnées et des pique-nique dans la nature. Une journée particulièrement réussie cette année puisqu'il a fait 15° C à Reykjavík sous un beau soleil !


Avril 2004.

L'Islande se prépare pour les élections présidentielles de cet été ...

Le président de la république, Olafur Ragnar Grimsson, arrive en effet en fin de mandat, et il a exprimé son désir d'être reconduit dans ses fonctions.
Il faut savoir qu'en Islande, les pouvoirs du chef de l'Etat sont essentiellement symboliques et protocolaires. Dans la pratique, il n'exerce pas la totalité des pouvoirs que lui accorde la constitution de la République islandaise. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement, sous l'autorité du premier ministre, David Oddsson, et sous le contrôle étroit du parlement.
Il faut savoir aussi que ces élections ne peuvent en rien être comparées à une élection présidentielle française : en effet, il existe une "règle de courtoisie" (non écrite) qui veut que, lorsqu'un président sortant souhaite voir son mandat renouvelé, aucun candidat "sérieux" ne se présente. Ainsi, en 2002, Olafur Ragnar Grimsson a été reconduit une première fois dans ses fonctions sans élections. Cette fois-ci, un candidat "marginal", Asthor Magnusson, qui avait obtenu 2,6 % des suffrages en 1996, annonce son intention de présenter sa candidature !
On sait aussi que Olafur Ragnar Grimsson, ancien homme politique (de gauche), bien que complètement à l'écart des luttes partisanes depuis son accession à la magistrature suprême, a toujours été l'objet d'inimitiés assez vives de la part de certains milieux conservateurs, qui ne manquent pas une occasion de rappeler son passé de militant "de gauche". Cela dit, comme tous les présidents islandais, il jouit d'une large popularité au sein de l'opinion publique.
Par ailleurs, en annonçant sa candidature Olafur Ragnar a souhaité qu'elle ouvre la possibilité d'une discussion sur les pouvoirs du président, car il semble regretter d'être confiné par la tradition (et non par la constitution) à des fonctions honorifiques. Mais les partis de l'actuel gouvernement ne paraissent vraiment pas souhaiter qu'un tel débat ait lieu !


Mars 2004.

Trois islandais viennent d'acheter la Sté Marcel Baey, une entreprise française de transformation du poisson implantée à Boulogne sur Mer. La Sté Marcel Baey a été fondée 1947 et est spécialisée dans la préparation du saumon fumé et d'autres poissons fumés. Elle traite essentiellement des produits islandais importés.


Février 2004.

Environnement : le projet de construction d'un gigantesque barrage
sur le site de Kárahnjúkar, dans les zones inhabitées au Nord-Est
du Vatnajökull, soulève une vive controverse.


La construction de ce barrage est elle-même liée à un autre projet : il fournirait l'électricité à une grande usine d'aluminium du groupe américain Alcoa, qui serait construite dans l'Est de l'Islande.
Depuis quelques années, l'Islande cherche à diversifier ses ressources économiques (qui dépendent de 70 % de la pêche industrielle). La valorisation de ses ressources énergétiques abondantes s'inscrit dans cette stratégie.

Mais en même-temps, l'Islande se pose en champion de l'écologie. La protection de l'environnement y est élevée au rang de valeur fondamentale.
La mobilisation des défenseurs de l'environnement est intense. Ils soulignent que la construction du barrage va noyer un des plus grands espaces sauvages d'Europe, supprimant soixante chutes d'eau magnifiques et perturbant la biodiversité dans cette région.

Les associations islandaises de protection de l'environnement, très influentes dans le pays, sont fortement mobilisées contre ce projet. Plusieurs personnalités islandaises du monde de la politique, de l'économie et de la culture utilisent leur influence pour s'y opposer.
Synthétisant ce courant de pensée, la chanteuse Björk (qui a une forte influence dans son pays) a déclaré que "sacrifier la nature pour le progrès technologique est un concept dépassé".


9 février 2004 - Première mise en ligne de ce site.







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