Au pays des moutons     


Attention : sur cette page, les moutons d'Islande s'adressent directement à vous !
Bêêêhhhh … quoi ?
Nous sommes les moutons d'Islande,
vous voulez notre photo ?


On est plus de 450 000, bien plus nombreux que les humains de ce pays !

On est blancs (enfin, on essaye … avec la boue c'est pas facile !), ou bien noirs ou marrons, et de toute façon on s'en fiche !

On est partout, en liberté, à la sortie des villages comme dans les endroits les plus isolés de l’île, même en plein désert du Kjölur, à cent kilomètres de la ferme la plus proche !
Bêêh alors ? Vous voulez notre photo ?
On nous lâche au printemps, et jusqu'à l'automne, à nous la liberté ! Alors, selon l'humeur, on a le temps de se balader loin.

Vous, en France, vous avez un poète, un certain Brassens, qui a dit " Dès qu'on est plus de quatre on est une bande de cons", et pourtant, vos moutons sont toujours en troupeaux …
Nous jamais ! On est toujours en petits groupes, le plus souvent on va par trois, une mère et ses deux petits. On est très bien comme ça, en famille.

Mais où sont les mâles, nous direz-vous ? Avouons qu'on n'en sait trop rien … De toute façon, ces individus là ne servent qu'un jour par an, alors le reste du temps on s'en passe très bien !
C'est cool, en famille !
Voilà, comme vous voyez, on est dans la nature pendant tout l'été, et il n'y a pas grand chose pour limiter notre divagation.
Des clôtures ? Sitôt qu'on s'éloigne de la ferme c'est vraiment très rare, ces choses là ! Parfois, sur les pistes, un portail, qu'un automobiliste oubliera peut-être de refermer malgré le panneau qui le lui rappelle.
Parfois il n'y a pas de portail mais dans le sol de la piste, il y a une sorte de grille avec des barres rondes assez écartées, et ça nous empêche de passer ! Oui, oui, vous rigolez … mais si vous aviez des sabots pointus, comme nous, on voudrait bien vous y voir !

Parfois on nous rencontre dans des endroits où il n'y a apparemment pas le moindre brin d'herbe, des cailloux, encore des cailloux, et seulement quelques mousses, comme dans le Fjallabak par exemple, dans le secteur de la grande fissure d'Eldgjá.
Vous vous demandez qu'est qu'on fiche là, et comment on fait pour survivre dans des endroits pareils ! Bêêêêêhhhhhh on se le demande aussi !
Ne vous moquez pas : sans carte ni GPS, ça pourrait vous arriver aussi ! A force de marcher vers n'importe où comme ça, on finit parfois par se retrouver dans des endroits pas terribles. Ce qui est certain, c'est qu'on ne rentrera pas avec du gras sur les côtelettes à l'automne !
Quand on pense que certains d'entre nous auront passé leur été dans des vallées sympas où l'herbe est verte et abondante … !
En tout cas, avec notre super toison de laine, on est parfaitement adaptés au climat islandais. Il peut faire froid, on s'en moque ! Il peut pleuvoir pendant des jours et des jours, c'est super : on garde la peau sèche et tiède sous notre toison imperméable !
Il n'y a que la chaleur qui nous gène. Ah oui, ça alors, on déteste vraiment la chaleur ! A partir de 15°, pour nous c'est la canicule. Quand il fait ce temps bizarre, ce sale temps avec un ciel tout bleu et du soleil, on se terre à l'ombre d'un rocher et on attend que ça passe (ce qui ne saurait tarder …).

Nous sommes trés fiers d'être les authentiques descendants des moutons que les premiers colons vikings ont importé il y a plus de mille ans. Il est interdit par la loi de nous marier avec des moutons d'autres races. Non mèèèèèèhhhh ! Nous sommes des fossiles vivants, de vrais musées sur pattes, et nous voulons rester de purs moutons vikings !
Y-en a marre de ce soleil !
Bon, à part ça, ne vous moquez pas de nous quand vous nous voyez parfois en été avec des lambeaux de toison qui traînent derrière nous comme une crinoline. Après tout, on s'en fiche, on n'est pas là pour faire un concours d'élégance !
Bêêêhhh quoi ? on est à la campagne, non ?
Notre grande passion en été, c'est de lécher les croûtes de sel déposées sur les pistes. Si vous saviez comme c'est bon !
Comment ? ... vous ne voulez pas essayer ??? Et bien vous ne savez pas ce que vous ratez !

Au printemps, les pistes sont salées pour favoriser le dégel et il reste des croûtes de sel dans la terre, surtout au centre, entre les passages de roues. Nous, on passe des heures à les lécher !

Quand une voiture arrive (heureusement il n'y en a pas souvent), c'est vraiment à regret et au dernier moment qu'on se déplace sur le bas-coté.
Parfois on tourne le dos, et avec le vent dans les oreilles on n'entend rien. Alors ils donnent un coup de klaxon pour nous faire déguerpir ! Ça surprend ! Mais sitôt qu'ils sont passés, ils peuvent nous voir dans leur rétroviseur en train de revenir au milieu de la piste, pour y retrouver notre gourmandise ! C'est trop bon !
Si vous saviez comme c'est bon !
Parfois, quand il y a des clôtures, on s'accroche et on y laisse des touffes de laine.
Autrefois, la tradition voulait que les fermiers laissent cette laine pour les pauvres qui venaient la ramasser et pouvaient ainsi confectionner leurs vêtements et leur literie.
Aujourd'hui plus personne ne la ramasse : quel gâchis ! Mais c'est vrai qu'il n'y a plus de pauvres !
A l'automne, finie la vadrouille ! Avant les premières neiges, on nous rassemble et ça donne lieu à une grande fête dans tout le pays. Ça s'appelle le "Réttir".

Il faut dire qu'on a divagué tout l'été sur des espaces immenses. Toutes les bonnes volontés sont mises à contribution et tous les moyens sont bons pour nous retrouver et nous regrouper.
A pied, à cheval, en 4x4 et même en avion, on nous repère et on nous rabat vers certaines fermes où il y a de grandes "trieuses de moutons".
Ça fait un peu peur, mais on rassure les petits car ce n'est pas dangereux. Par contre, oh là là ! Quelle promiscuité !

Ce sont de grands enclos circulaires divisés en secteurs comme les rayons d'une roue de charrette. Au centre de la roue, il y a un espace vide dans lequel on nous fait entrer, puis on nous trie en fonction de nos boucles d'oreilles et on nous répartit par propriétaire dans les compartiments situés à la périphérie.
Nous, on n'y comprend pas grand chose, mais du moment qu'on reste avec nos petits, tout va bien !
Trieuse à moutons
En tout cas, c'est le signal de la fin des vacances … En principe, chaque fermier récupère plus ou moins ses moutons, il nous prend dans son camion, on rentre à la ferme.

Ensuite on nous tond, et avec notre belle laine on fabrique ces merveilleux pulls islandais qui font notre fierté !

On vous donne rendez-vous l'été prochain, dans les vallées, sur les plateaux et sur les pistes !

Quoi ? ... dans votre assiette aussi ? Qui a dit ça ?
Mèèèèèhhh ! ça va pas, non ?




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Un beau pull lopi
Pour voir les
pulls lopi islandais,
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(Association des tricoteuses
islandaises)

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