| Au pays des glaces |
| Ces calottes glaciaires ne sont pas dues au climat qui règne aujourd'hui en Islande. Elles sont des héritages de climats anciens. Elles se sont formées pendant les périodes glaciaires et - plus près de nous - pendant la période froide et humide qu'a connu l'hémisphère Nord autour de 500 avant notre ère. A l'époque viking (il y a 1000 ans), elles étaient moins étendues que de nos jours, l'Islande ayant alors un climat plus doux. Les textes historiques montrent qu'elles ont atteint leur extension maximale connue à une époque assez récente, entre 1450 et 1800. A cette époque correspond en Europe ce qu'on a appelé " le petit âge glaciaire " : en France, des textes et des gravures de l'époque de Louis XIV décrivent la progression des glaciers du massif du Mont Blanc jusque dans la vallée de Chamonix. A partir de 1850 s'est produit un léger réchauffement du climat, avec une élévation des températures moyennes de l'ordre de 0,5 à 1 degré. Cette variation climatique minime a pourtant amorcé une période de recul des glaces qui se poursuit de nos jours. Depuis les années soixante, la régression des glaciers islandais est manifeste et laisse des traces visibles dans les paysages. On voit souvent des moraines très récentes un kilomètre ou plus en aval du front glaciaire actuel. Sur la côte Sud, Les langues glaciaires du Breiðamerkurjökull, issues de la calotte glaciaire du Vatnajökull, ont raccourci de près de deux kilomètres pendant les 30 dernières années, et cette fonte semble même s'être accélérée dans les cinq dernières années. On peut voir ici deux images satellite prises en 1973 et en 2000 qui illustrent bien ce phénomène On peut voir également sur le site de la NASA (Goddard Space Flight Center) des photos Landsat et des animations-video qui illustrent de manière saisisante cette régression glaciaire au Sud du Vatnajökull entre 1973 et 2000, et entre 1997 et 2000. |
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| Ci-dessus : les langues glaciaires issues de l'immense Vatnajökull descendent jusqu'à la plaine côtière. |
Ici, à Kerlingarfjöll, au centre de l'Islande, un ruisseau d'eau chaude a creusé cet extraordinaire tunnel dans la glace. On peut passer dessous : le sol est tiède et le plafond glacé. |
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| La côte Sud est dominée par la masse écrasante du Vatnajökull. Le front du Breiðamerkurjökull libère des centaines d’icebergs dans la lagune de Jökulsárlón, elle-même reliée à la mer par un chenal d’une centaine de mètres. Tout est calme et silencieux, on reste fasciné devant cette scène d’un autre monde. Un paysage de rève arctique que les mots ne peuvent pas décrire. |
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Laissons donc la place au rève ... (Cliquer sur les photos pour les agrandir en pleine largeur dans une nouvelle fenêtre) |
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La glace qui atteint la côte aujourd’hui s’est formée il y a au moins 500 ans. On dirait du verre pur et massif, il n’y pas la moindre bulle d’air à l’intérieur. Cette absence totale d’air est due à la compression et à la durée. Certains icebergs sont striés de cendres noires, issues d'éruptions volcaniques anciennes. A partir du moment où ils se détachent du front du glacier, les icebergs mettent cinq à six ans à fondre dans la lagune, jusqu'à ce que leur taille leur permette d’emprunter le chenal et de rejoindre la mer. Ils s'échouent sur le sable noir de la plage et sont repris par la marée montante. Sous le soleil, les gros blocs passent directement de l’état solide à l’état gazeux, sans passer par l'état liquide. Ce phénomène (qui s'appelle la sublimation) provoque une sorte de halo de vapeur autour des blocs de glace. La disposition du lac et l’existence de ce chenal sont une chance, car ils empêchent que de trop gros icebergs dérivent en mer et causent des risques pour la navigation au Sud de l’Islande. |
Cliquer sur les photos pour agrandir ![]() Autres commentaires et détails : Voir le carnet de route - Jour 12 |
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Si l’Islande est fortement concernée par les glaces terrestres, elle l’est peu, en revanche, par les glaces marines. Le Gulf Stream venant du Sud-Ouest apporte des eaux tempérées qui évitent à l’Islande d’avoir le climat arctique que lui vaudrait normalement sa latitude. De ce fait, la mer ne gèle pas, sauf exception, sur les côtes islandaises. En hiver, la limite des glaces marines se cantone au large des côtes, au Nord et au Nord-Ouest de l’île. Pour assurer la sécurité de la navigation et de la pêche, les Garde-Côtes islandais surveillent la position de la banquise et des gros icebergs par rapport aux côtes islandaises.
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Il arrive parfois que des ours polaires en provenance du Groenland, ayant dérivé sur des plaques de glace, débarquent dans le Nord de l'Islande. Désemparés et affamés après des semaines voire des mois de voyage, ils errent près des côtes et sont trés dangereux. De tout temps, les Islandais ont redouté ces animaux qui représentaient un risque majeur aussi bien pour les moutons que pour les humains, et sitôt qu'un ours blanc était signalé, on se mettait en devoir de l'abattre. Au musée d’Húsavík, on peut voir un ours blanc naturalisé. Il avait débarqué en 1969 sur l'île de Grimsey, au Nord d’Akureyri, après avoir voyagé sur un petit iceberg dérivant depuis le Groenland. | |
| Ce type d'évènement reste cependant exceptionnel, mais a été à nouveau porté au devant de l'actualité en juin 2008 : à quelques jours d'intervalle, le 3 puis le 16 juin, deux ours blancs venus du Groenland ont débarqué dans la région de Sauðárkrókur, dans le Nord de l'Islande. Après quelques hésitations pour savoir si on tentait de les anesthésier pour les ramener dans leur territoire d'origine, ils ont été abattus par les autorités locales. Mais les temps changent ... L'ours polaire étant une espèce protégée, cette élimination brutale, relayée par les media et montrée en video sur internet, a suscité une importante polémique tant en Islande qu'à l'étranger. Vous pouvez en savoir plus en lisant ici une discussion à ce sujet sur le forum. Suite à cet évènement, l'Islande a décidé de mettre en place un "groupe d'intervention ours polaires", sous l'autorité du ministère de l'environnement, et de renforcer la surveillance de la zone entre Groenland et Islande, lorsque la banquise fond, pour y repérer les ours en perdition et tenter de les reconduire sains et saufs là d'où ils viennent ... |
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