Au pays de la géothermie     

L'Islande est le pays par excellence de la géothermie. Trois cents sites exploitent cette technique sur des zones à basse ou à haute température. L'énergie consommée dans le pays est à 40 % d'origine géothermique, 85 % des maisons et la quasi-totalité des bâtiments publics utilisent les ressources géothermiques pour le chauffage.


Située sur la dorsale de feu qui partage l'Océan Atlantique et traversée par le rift, l'Islande est sur un " point chaud " de l'écorce terrestre. Sur cette île de 102 000 km2 (moins d'un cinquième de la France), on trouve deux cents volcans en veilleuse. Le quart du territoire islandais est classé zone de volcanisme potentiellement actif. Il y a une éruption volcanique en moyenne tous les quatre ans.

Ceci explique que les phénomènes géothermiques y soient aussi répandus.

Sources chaudes, parfois même bouillantes, geysers, solfatares, jets de vapeur, mares de boue en ébullition, fumerolles en tous genres, épandages de soufre et d'oxydes métalliques … tout cela souvent accompagné d'une odeur d'œuf couvé qui reste dans la mémoire des voyageurs comme une caractéristique du pays !
Les principaux phénomènes géothermiques sont répartis sur un axe Sud-Ouest - Nord-Est, qui correspond en gros à l'axe du rift.

Trois toponymes fréquents en Islande sont à connaître car ils sont caractéristiques des lieux géothermiques : Reyk = fumerolles, vapeurs, Hver = source chaude, bouillante, et Laugar = bain chaud, bain tiède.
On les retrouve dans de très nombreux noms de lieux, comme Reykjavík (« la baie des fumerolles »), Hveragerdi (« les jardins chauds »), ou Landmannalaugar (« les bains tièdes des hommes de la campagne »).
Les zones chaudes en Islande
Les principaux phénomènes géothermiques sont répartis sur un axe Sud-Ouest / Nord-Est, qui correspond en gros à l'axe du rift.
Près de Reykjavík, dans la péninsule de Reykjanes (Krisuvík), dans la région du Sud-Ouest au sens large (Hveragerdi, Geysir, vallée de Reykholt, Landmannalaugar), dans les déserts du centre (Kjölur, Hveravellir, Kerlingarfjöll), au Nord du Vatnajökull (Kverkfjöll) et dans la région du lac Mývatn (Namaskard-Hverarond, Krafla, Leirhnjúkur).
      

Deildartunguhver : source bouillante près de Reykholt
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Le geyser Strokkur à Geysir
Légendes des photos : passer la souris dessus

Geysir
Kerlingarfjöll, au centre de l'Islande Source bouillante à Hveravellir Hveravellir

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Mini-video : le sol bout à Hveravellir

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Mini-video : jet de vapeur à Hveravellir

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Mini-video : lac bouillonnant près de Reykjahlið (Mývatn)
A Námaskard-Hverarönd (Mývatn), le spectacle est hallucinant : au pied d'une colline surréaliste orange et rouge striée de jaune safran et de gris-mauve, s'étend un champ de solfatares en furie.
On circule entre de grandes marmites de boue grise en ébullition et des jets de vapeur furibards comme des soupapes de cocotes-minutes … Il y a des dépôts colorés de soufre un peu partout ! L'odeur d'hydrogène sulfuré est envahissante. Ambiance d'enfer !
Les collines folles de Námaskard Marmite bouillante à Námaskard
La péninsule de Reykjanes ("péninsule des fumées") n'est qu'un immense champ de lave.
A Krisuvík, la chaleur de la terre entretient des champs actifs de fumeroles soufrées et des mares de boue bouillonnantes.

Ici comme ailleurs en Islande, un simple panneau informatif prévient du danger, il n'y a pas la moindre barrière qui empêche de se promener où on veut.
Krisuvík
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Krisuvík
Les islandais ont une vraie passion pour les bains chauds. Que ce soit en pleine nature, comme ci-dessous, ou dans les innombrables piscines et "hot pot" (jacuzzis) que l'on trouve partout, et qui sont toujours chauffées par la géothermie
Certes, on ne traîne pas en route pour y entrer, mais une fois dedans, sensations délicieuses : l'air est à 8 degrés et l'eau à 39 !
Bain chaud à Landmannalaugar
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Bain chaud à Hveravellir
      
7 h du matin à Breiðdalsvík
      

Les islandais ne se contentent pas de vivre en harmonie avec les forces de la terre, ils en tirent profit depuis longtemps. L’exploitation des nappes d’eau chaude a commencé dès 1920.
L’Islande est devenue le premier pays du monde pour l’exploitation de la chaleur de la terre, et les ingénieurs islandais sont reconnus dans le monde entier comme les experts de la géothermie.

Aujourd’hui, grâce aux forages de plus en plus profonds et aux progrès de la technologie, la géothermie permet de chauffer 85 % des maisons islandaises, d’innombrables piscines, et des hectares de serres où sont cultivés les fruits et légumes qui approvisionnent le marché islandais.
Depuis quelques années, ce sont même les trottoirs et certaines places et rues de Reykjavík qui sont chauffés par la géothermie !

La maison du gouvernement à Reykjavík

La place du Parlement à Reykjavík
Hveragerði est la capitale de la culture géothermique.
Cette petite ville dont le nom signifie tout simplement "les jardins chauds" est un des endroits d'Islande où la géothermie est la plus importante et la plus facile à exploiter.

Dans des dizaines d'hectares de serres vitrées, on cultive toutes sortes de fleurs, de légumes et de fruits (on y produit même des bananes !).
Ici, on vit carrément du feu de la terre !
Hveragerði
Au delà de l'exploitation directe de la chaleur en vue du chauffage, l'Islande exploite maintenant des nappes à très haute température pour produire de l'électricité.

Tout près du volcan Krafla, les islandais ont construit une grande centrale géothermique ultra-moderne. Une vraie cathédrale du feu de la terre ! Mais la zone est encore extrêmement active et l’immense bâtiment est régulièrement chahuté par les mouvements du sous-sol !
La centrale géothermique du Krafla Bravo au plombier !
Dans la péninsule de Reykjanes, la centrale de Svartsengí utilise un forage de 2000 mètres de profondeur pour extraire une eau sous pression à 240° qui fait tourner de puissantes turbines à vapeur.

Le trop-plein des eaux chargées en silice (ramené à 40°) alimente un lac artificiel à la couleur irréelle. Le "Bláa Lónið" (lagon bleu)est devenu un lieu de baignade apprécié toute l'année par les islandais et les touristes.
Le Bláa Lónið Le Bláa Lónið



Les islandais sont fiers de cet extraordinaire patrimoine naturel que constitue la chaleur de la terre. Ils progressent sans arrêt dans les technologies qui permettent l’exploitation de la géothermie, pour valoriser au mieux cet extraordinaire potentiel.
Mais ils sont aussi conscients de ses caractéristiques et de ses limites. Depuis quelques années, ils sont attentifs aux risques d’épuisement de certaines nappes. Ils veillent aussi à ne pas accroître les risques de manifestations volcaniques violentes par des forages trop profonds ou trop rapprochés sur certains sites sensibles.

L'exploitation de la géothermie permet à l'Islande d'être l'un des Etats les moins pollués de la planète. Le potentiel hydro-électrique considérable y contribue aussi, et l'Islande n'a, bien entendu, aucune centrale nucléaire.
Ces ressources propres et renouvelables ont permis de limiter au minimum le recours aux sources d'énergie fossiles et notamment au pétrole. En fait, à quelques exceptions près, ce dernier n'est utilisé que par les véhicules à moteur.

Mais l'Islande, "Etat le plus écologique de la planète", est en train de développer un ambitieux programme énergétique basé sur l'hydrogène. Elle entend ainsi devenir d'ici quelques décennies le premier pays du monde à se passer complètement du pétrole !

En savoir plus sur le programme hydrogène islandais.

Un dossier complet sur la géothermie dans l'encyclopédie Encarta-MSN.

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