Jour 3 : Snaefellsnes - Stykkishólmur - Borgarfjörður     


Vendredi 4 Juillet - Super buffet-petit déj. à la ferme de Langaholt ! La fermière a même fait des pancakes et elle est aux petits soins.
En la quittant, elle nous conseille d’aller voir à 3 km de là un site où vit une colonie de phoques.
Nous voici donc partis à 8 h vers Ytri-tunga.
La baie est totalement déserte. C’est marée basse et la mer est comme un lac.
Après quelques minutes en longeant la côte, on arrive devant une zone d’écueils et … spectacle incroyable ! ils sont là, à quelques dizaines de mètres, immobiles, sur les rochers.
Ils sont couchés sur le ventre, tête et queue relevées, on dirait d’énormes bananes !
Tout est calme, pas une ride sur l’eau. On avance sans bruit sur les premiers écueils et on se poste derrière un rocher pour les observer en gros plan avec les jumelles. Ils sont vraiment gros ! Surprise : on les cherchait noirs, ils sont en fait assez clairs, beige tachetés de marron.

Mais soudain on retient notre souffle … à la surface de l’eau, deux légères rides en forme de V s’avancent vers nous. Incroyable … ils viennent nous voir …

Les phoques à Ytri-Tunga

Ils viennent nous voir !
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Ytri-Tunga

Quelle parade !
« Séquence émotion », comme dirait Nicolas Hulot : ils émergent à quelques mètres devant nous et sortent la tête de l’eau pour nous observer.

Pendant deux minutes, ils nagent, plongent, ressortent, soufflent et éternuent bruyamment devant nous, puis ils repartent, apparemment satisfaits de leur petit tour.
Phoque Phoque

Emerveillés par ce qu’on vient de vivre, nous repartons aussi en les laissant à leur solitude …



Au bord de l’eau, un huîtrier-pie court et saute de rocher en rocher.
Le bel oiseau en tenue de cérémonie pousse des cris stridents,
il surveille son petit qui sautille lui aussi à quelques mètres en piaillant.
Huîtrier-pie
Ce matin, on repart vers l’Ouest et on traverse cette fois la péninsule par la piste 54 qui aboutit près d’ Ólafsvík.

Vers Grundarfjörður, la côte sauvage est le cadre de la célèbre Eyrbyggja Saga, dans laquelle est souvent cité le mythique et majestueux mont Kirkjufell.
Il domine les eaux calmes du fjord et son nom signifie « montagne-église », en raison de sa forme élancée.

On arrive à Stykkishólmur : joli port de pêche de 1200 h. et point de départ du ferry qui traverse le Breidafjörður pour aller dans les fjords du Nord-Ouest.
Le mont Kirkjufell
Pique-nique devant le port entouré de maisons aux couleurs vives.
Un vieux monsieur, en imperméable de citadin, arrive en pédalant sur un vélo ancien. Il s’arrête pour ramasser le moindre déchet qu’il met dans une sacoche accrochée devant son guidon. Visiblement la moisson est maigre car tout est propre ici : en Islande il ne viendrait à l’idée de personne de laisser traîner le moindre papier … mais peut-être un touriste … qui sait ?
Pour le vieux monsieur, un mégot de cigarette est une trouvaille, un mouchoir en papier un événement, et quand il trouve une canette de bière c’est sans doute le scoop de la semaine !
Après avoir fait le tour du petit port, il va jeter son butin à la poubelle au bout du quai, et comme j’y suis allé aussi pour jeter nos pots de yaourt, on engage la conversation. Il m’explique qu’il ne travaille plus et qu’il essaye de se rendre utile de cette façon …

Dominant le petit port de Stykkishólmur, le mont Helgafell (« le mont saint ») n’est qu’une colline d’une centaine de mètres de haut, mais il mérite l’ascension.
Avec chacun trois vœux dans la tête, nous y montons en silence et sans nous retourner, pour respecter la tradition.

Entrée du Hvammsfjörður : c’est au fond de ce fjord qu’Erik le Rouge, banni d’Islande, avait caché ses bateaux pour préparer son expédition vers le Groenland en 985.

A l’Est de Stykkishólmur, la côte Nord de la péninsule du Snæfellsnes est grandiose et vide. Les fjords sont immenses. Il y a parfois une ferme complètement isolée au fond, au bout de 30 km de solitude … ( ils n’ont pas intérêt à oublier le pain ! )
Nous ne croisons que deux ou trois véhicules sur ce trajet.

Traversée par la piste 55 pour rejoindre le Sud de Snaefellsnes. Cette piste est extrêmement sauvage. On passe près du lac Baularvallavatn : sous un ciel d’ardoise, il est carrément sinistre ! D’après la tradition locale, cinq horribles monstres y vivent … on est un peu déçus de ne pas même apercevoir la queue d’un seul !
Puis c’est le col de Kerlingarskard. Les voyageurs d’autrefois redoutaient ce passage. Non pas à cause de la piste qui est plutôt bonne, mais il faut savoir que c’est ici le domaine du troll Kerlingar (« le sorcier »). Il faut donc passer sans s’attarder et sans trop regarder car il a horreur d’être dérangé ! Ouf ! en bas on retrouve la route goudronnée (n° 54) où la circulation est plus dense (mais c’est tout relatif).

On rejoint Borgarnes où nous sommes attendus à la ferme de Bjarg, au bord du Borgarfjörður.
Bjarg est une belle ferme à l’architecture islandaise traditionnelle avec son alignement de pignons et ses toits rouges.
La fermière nous loge dans un corps de bâtiment qui comporte trois chambres, une cuisine et une salle de bains, mais nous y sommes seuls et nous avons donc tout l’espace pour nous. A l’intérieur, tout est en lambris de pin verni, même les parois de la douche ! C’est chaud et joli.
Sur le livre d’or, des hôtes de passage hollandais ont écrit récemment qu’ils avaient vu deux baleines s’ébattre dans le fjord, juste devant la ferme !
    La ferme de Bjarg (à 23 h)
En fin de journée, on fait une belle ballade dans la vallée de la Nordurá toute proche et on monte à pied au volcan Grabrok. On prend le sentier qui s’élève rapidement vers le sommet et on fait le tour sur la bordure du profond cratère rouge.
Du sommet, on voit bien l’étendue de la coulée de lave qui a débordé en éventrant le bord du cratère. Il ne devait pas faire bon se trouver par ici !
Le volcan Grabrok A la ferme de Bjarg


Retour à la ferme de Bjarg, repas dans la cuisine, douche à l’odeur de soufre (eau chaude géothermique) … et dodo sous la couette dans la chambre en pin verni. On est bien, ici !

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