Jour 2 : Péninsule de Snaefellsnes     


Jeudi 3 Juillet - Somptueux buffet au petit déj. de l’hôtel Björk ! ! Nous adoptons le rythme diététique islandais.
C’est simple : en Islande on se gave carrément le matin, on fait un petit pique-nique rapide à midi, et un repas simple le soir (toujours avec soupe). La formule est excellente pour la santé, tous les diététiciens vous le diront. Mais elle l’est aussi pour le budget car nous avons réservé nos hébergements en B&B « chambre + petit déj. » pour toute la durée de notre voyage !
Pour ce premier jour, quelle découverte ! Les harengs fumés, si doux et légèrement sucrés … quel régal ! on dirait des bonbons ! Et le saumon ! quel parfum, quel moelleux ! Et ces pains aux céréales, tous plus odorants et tentants les uns que les autres … Si le cœur vous en dit, agneau fumé, jambon, salami, pâté, tomates, concombres, melon blanc, pastèque, quartiers de pommes et d’oranges à profusion. Quant au muesli islandais, arrosé de sürmjolk (lait caillé), saupoudré de cassonade, de noisettes grillées et de raisins secs, il mérite une mention spéciale, c’est un vrai délice ! Confitures d’oranges et de myrtilles, jus de fruits, thé et café complètent ce festin.
A 9 h, comme prévu, le représentant de Hertz vient nous chercher à l’hôtel et nous conduit à l’agence où nous prenons possession de notre voiture.
Notre 4x4 Suzuki Jimny a été réservé depuis la France par Island Tours. Elle est impeccable, 3000 km au compteur, elle va être notre fidèle et vaillante compagne pour 4000 km de plus. On souscrit à l’assurance complémentaire « Super CDW » (ne pouvant être souscrite que sur place et à notre avis indispensable).

Notre 4x4 Suzuki Jimny au Snaeffell
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Non, c'est pas celui-ci ... Trop gros !
Sur le parking de Hertz, précieux conseils de prise en main, de la part d’Arní, l’employé de service. Il nous explique comment utiliser les 4 roues motrices sur les terrains difficiles et pour les passages de gués.
Ambiance très cordiale. On déplie notre carte au 500 000ème sur le capot et on lui montre notre itinéraire prévu. Il a l’air assez enthousiaste et nous donne deux ou trois conseils de visites, notamment sur la côte Sud qu’il connaît bien car il est originaire de cette région. Il s’avèrera plus tard que les tuyaux d’Arní, qu’il nous marque d’une croix sur la carte, nous vaudront certains des plus beaux moments de notre voyage ! Merci Arní et bye bye !

Vive la liberté ! Désormais autonomes, on repasse à l’hôtel Björk, on replie les sièges arrière et on charge nos affaires. Quelques courses alimentaires dans un mini-market et on quitte Reykjavík par la route n° 1, direction la péninsule du Snæfellsnes au Nord-Ouest. Beau ciel ensoleillé parcouru de nuages rapides. Après Mosfellsbær, on prend le tunnel routier direct vers Akranes (péage 1000 Ikr), qui évite de faire le tour du Hvalfjördur (70 km). La route n° 1 est goudronnée, elle ressemble à une honnête départementale de chez nous. Elle nous conduit tranquillement à Borgarnes où un grand pont franchit le Borgarfjördur. Après Borgarnes, on laisse la route n° 1 et on prend à gauche la 54 qui se dirige vers la péninsule du Snæfellsnes. C’est sur cette portion de côte quasi-déserte que le « Pourquoi pas » du commandant Charcot a sombré en 1936, après avoir heurté des écueils dans une tempête.
Premier pique-nique au soleil devant une ferme abandonnée, au pied des formes déchiquetées du cratère Eldborg (« la montagne de feu ») qui marque l’entrée de la péninsule du Snæfellsnes.

Cette longue et étroite avancée montagneuse dans l’océan est un peu en dehors des circuits traditionnels. Elle est assez peu fréquentée par les voyageurs, mais elle est magnifique et c’est un des plus beaux souvenirs de notre voyage.
Eldborg « la montagne de feu » Travaux des champs
Le long de la côte, les montagnes sont tour à tour vertes ou noires, avec de nombreuses cascades. L’habitat est très dispersé, et les fermes isolées sont souvent au pied de ces cascades. C’est la saison des foins : dans les prairies, les bottes de fourrage sont emballées dans du plastique blanc. De loin, on dirait que les prés sont parsemés de grosses perles blanches.
La côte Sud alterne les baies sableuses et les falaises peuplés de colonies d’oiseaux, avec quelques fermes isolées et de minuscules hameaux colorés. Les paysages côtiers et les volcans s’associent pour former des tableaux magnifiques, dans un air pur et transparent comme du cristal.
On complète le plein d’essence à Vegamot (carrefour avec la piste 56) où se trouve l’une des deux seules stations-service de la péninsule. Contrairement à la plupart des produits, le carburant n’est pas cher en Islande. Le SP95 est à 97 Iskr, soit environ 1,10 € (à peu près comme en France), un prix très bas pour les islandais.
On arrive vers 15 h à la ferme Langaholt où nous avons notre réservation pour ce soir. C’est une grande ferme moderne. Excellent accueil de la fermière qui nous donne une grande chambre toute vitrée (sans volets ni rideaux, comme partout en Islande), donnant directement sur le golf de la ferme, les prairies et la plage de sable doré, toute proche.
Nos bagages déposés, on repart en ballade vers l’Ouest.

Petite randonnée à Búðir (« les huttes ») : c’est ici qu’Erik le rouge avait sa ferme avant d’être banni d’Islande et partir coloniser le Groenland.
C’est marée basse. Les blocs de lave noire couverts d’algues et le sable blond se mêlent dans un superbe décor, avec le Snæfellsjökul en toile de fond.



Il fait carrément « chaud » ici ! On marche en chemise au soleil sur le sentier côtier.
Les moutons se mettent à l’ombre dans les trous de la coulée de lave, au milieu des fleurs. Apparemment, ils détestent le soleil !

Dans ce paysage superbe, la petite église noire de Búðir et son minuscule cimetière forment un décor un peu étrange.
La côte à Búðir

     

Bêêêhhh ... y-en a marre de ce soleil !
La côte à Búðir

Pour voir le sable de Búðir : cliquer ici

L'église de Búðir
A l’extrémité de la péninsule trône le majestueux volcan Snæfell (« le mont de la neige »). Avec ses 1446 m, il est couvert d’une épaisse calotte glaciaire permanente.

On comprend que son aspect inquiétant et sa forme pyramidale aient toujours attisé l’imagination. On sait que Jules Verne en a fait le point de départ de son « Voyage au centre de la terre », mais il paraît que ce volcan-glacier est connu jusqu’au Tibet et dans plusieurs civilisations bouddhistes où il est considéré comme un des six « chakras » majeurs qui concentrent l’énergie de la planète !
Le Snæfell
C’est donc avec respect et humilité que nous attaquons (à Stapafell) la piste F570 qui monte jusqu’à la calotte glaciaire et redescend ensuite vers la côte Nord. Humilité oui, car c’est notre première piste «F» ! (les pistes dont le n° est précédé de la lettre F sont réservées aux véhicules 4x4).
Mais le soleil est toujours présent, le sommet a l’air à peu près dégagé … on y va !
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La piste F570

La piste F570
Première expérience du levier de vitesses en position 4WD, qui fait merveille aux passages un peu difficiles. Nous voici bientôt au bord de la calotte glaciaire.
De là partent des sorties accompagnées en moto-neige et en véhicules à chenilles. Les engins sont là, mais il n’y a pas âme qui vive dans le secteur ... Depuis le col, vue époustouflante sur la côte Sud.
La descente sur le versant Nord est assez vertigineuse et on passe même entre des congères taillées au bulldozer.
Nous ne croisons qu’une seule voiture, mais c’est une rencontre plutôt hallucinante ! un vieux monsieur en costume-cravate au volant d’une voiture de tourisme, avançant à 5 km/h sur cette piste plutôt chaotique !

Nous voici bientôt redescendus de l’autre côté de la péninsule, à Ólafsvík, un petit port de pêche de 1200 h, juste au Nord du Snæfellsnes.
Sur les hauteurs du Snæfell

Au bord de la calotte glaciaire du Snæfell
Motos-neige au Snæfell

Ólafsvík
On repart vers l’Ouest pour faire le tour du Snæfell par la route côtière non goudronnée et extrêmement sauvage. Il paraît qu’il y a plein d’Elfes par ici, mais on ne les voit pas car ils sont cachés dans la nature, parfois déguisés en rochers … Par endroits, la route fait des détours bizarres car les ingénieurs des ponts et chaussés islandais ont préféré ne pas les déranger.
Les vues sur l’immense volcan sont fantastiques. Près de Rif se trouve la ferme-église abandonnée d’Ingjaldshóll où aurait séjourné Christophe Colomb lors de son voyage en Islande en 1477 (... il aurait pu « découvrir » l’Amérique 15 ans plus tôt, s’il avait osé continuer vers l’Ouest !).
Après Hellissandur, le phare d’Ondverdarnes marque le point extrême de la péninsule, puis on retrouve la côte Sud illuminée de soleil. Ici, la ferme viking abandonnée de Laugarbakki serait, dit-on, le lieu de naissance de Guðriður Þórbjarnardóttir, héroïne de saga et pionnière de la (vraie) découverte de l’Amérique du Nord par les vikings en 1226.



Un peu plus loin (après un clin d’œil à Gislabaer … tiens, tiens ! on est chez nous ici !), les minuscules ports de pêche de Hellnar et d’Arnastapi (« rocher de l’aigle ») se nichent entre les falaises noires.

On parcourt à pied le très beau sentier côtier (réserve naturelle) qui relie Arnastapi à Hellnar.



De grandes arches naturelles forment des grottes marines et des abris peuplés de milliers d’oiseaux (mouettes tridactyles et fulmars boréaux). Ils couvent sur leurs nids et se laissent approcher à quelques mètres à peine !
Leurs cris, répercutés et amplifiés par les arches de basalte, sont assourdissants. Ca sent sacrément le guano !

Pour entendre les oiseaux,
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Retour à la ferme Langaholt pour nous faire chauffer une bonne soupe dans la cuisine.
Pour gagner du temps, on met de l’eau chaude du robinet dans la casserole sur le gaz … résultat : la soupe a un fort goût de soufre ! leçon à retenir : l’eau chaude géothermique, c’est pas l’idéal pour cuisiner. Mieux vaut démarrer à l’eau froide. Un grand pot de skyr sucré fait un excellent dessert.

On fait une petite ballade « nocturne » au soleil couchant, sur la grande plage toute proche et dans les prairies autour de la ferme.
Attaque immédiate en piqué des sternes arctiques qui protègent leur progéniture contre les intrus.

Un peu plus loin, éclat de rire cornu avec ces cotes de baleines, échouées près d’ici (les os de baleine, qui sont imputrescibles, servaient autrefois de matériaux de construction).
La plage de sable doré est belle dans la lumière de 23 h.
Qui l'eut cru ?

Arnastapi

Mouettes et fulmars à Arnastapi


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Hellnar

La réserve naturelle d'Arnastapi

Mouettes à Arnastapi

La plage de la ferme Langaholt à 23 h



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