Jour 13 : Ingólfshöfði - Skálafellsjökull - Berufjörður - Breiðdalsvík.   


Lundi 14 Juillet - Il est 7 h 30 à la ferme de Litla Hof : la fermière a fait des pancakes et sa confiture de myrtilles est vraiment fameuse !
Un bon petit déjeuner avec un couple de français, eux aussi en 4x4 Suzuki Jimny et qui font un itinéraire comparable au notre.
Eux aussi sont passés par la piste d’Eldgjá et en gardent un sacré souvenir !


Ce matin nous allons essayer de voir un endroit que nous a conseillé Arní, notre loueur de voiture de Reykjavík. On part à 8 h 30 vers un petit chemin discret à quelques kilomètres d’ici.
On est censés y trouver vers 9 h un vieux fermier avec son tracteur et sa remorque à fourrage qui nous ferait traverser l’immense lagune du Leirur pour aller sur l’île ensablée d’Ingólfshöfði …
Tout cela est bien incertain, mais on va essayer car Arní nous a dit que c’était le paradis des oiseaux
Un peu avant 9 h nous voici donc au bout du chemin. Il y a bien un tracteur tout rouillé et une grande remorque, mais pas de fermier.

Un autre 4x4 est là, aussi : ce sont deux hollandais qui nous confirment qu’ils ont eu le même renseignement que nous. Au bout d’un moment arrive un minibus avec une dizaine d’allemands à bord, et une guide islandaise.
Cette fois ça se précise … Tout le monde attend le vieux fermier …
Juste après vient se garer à côté de nous une Ford break de location. Ce sont des américains. Avec une grande spontanéité ils se présentent : Hi ! voici Bob et sa femme qui sont de Des Plaines, près de Chicago, Illinois.
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carte b
C’est alors qu’arrive en voiture non pas un vieux fermier, mais un jeune homme à l’allure sportive. Il salue tout le monde et, sans la moindre explication, comme si on faisait ça tous les matins, on monte sur la longue charrette à foin attelée au tracteur !

Il n’y a qu’un grand plateau sur lequel on est tous debout, accrochés aux balustrades, et c’est parti pour une traversée sur 10 km des sables noirs inondés de la lagune du Leirur !
Le tracteur et la remorque d'Einar
Au début ce sont des marais puis de l’eau à perte de vue, de l’eau sur laquelle on roule comme par magie.


En fait, il n’y a que quelques centimètres d’eau mais le fond est parfaitement plat et pratiquement rien n’émerge de cet immense miroir.
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Les sables du Leirur
Par endroits, un cygne ou une oie cendrée nous regardent passer, il y a aussi de gros oiseaux qui tournoient au-dessus de nous …

Au bout d’une demi-heure environ et dix kilomètres, le fond sableux émerge et on se retrouve au pied d’Ingólfshöfði : c’est un grand plateau de basalte encadré de hautes falaises, une ancienne île ensablée par les sables volcaniques du Skeiðarársandur.
Ingólfshöfði
Le tracteur s’arrête là et notre guide, jusqu’ici silencieux, nous explique en anglais et avec le sourire qu’on va monter à pied là haut, en profitant d’une sorte de grande dune noire qui monte à l’assaut d’une échancrure dans la falaise.

Il nous dit qu’une fois sur le plateau, il y aura des milliers d’oiseaux autour de nous, qu’il faudra rester calmes, silencieux et groupés, et ne pas faire de gestes brusques.
Il nous prévient que certains oiseaux vont inévitablement nous attaquer en piqué, et qu’il ne faudra pas céder à la tentation naturelle de se baisser (ça ne sert à rien : ils abaissent leur trajectoire d’autant), mais plutôt lever un bras au dessus de la tête, car ils visent le point le plus haut du corps et il est facile de baisser la main au dernier moment … Compris ? … Mmmhhhoui … ( ! ? ).

Nantis de ces conseils à l’emporte-pièce et totalement étonnants pour nous, on part à l’assaut de la dune … ce qui n’est pas si facile ! La pente devient vite très raide et à chaque pas ce sont des masses de sable qui descendent ! Bob et surtout sa femme qui sont les plus âgés de notre petit groupe ont du mal à monter, notre guide leur prête ses bâtons de randonnée et les aide comme il peut.

Enfin nous voici réunis en haut, sur le bord du plateau. La vue est magnifique sur la lagune et sur l’immense Skeiðarársandur. C’est ici qu’aurait accosté en 874 le premier colon viking, Ingólfur Arnarson, venant de Norvège, avant d’aller fonder Reykjavík. Une stèle commémore l’événement.
On s’avance de quelques centaines de mètres le long du bord de la falaise, et là, soudain, c’est le choc !

Ils sont là, tranquilles, silencieux, par milliers, face à la mer. Des macareux-moines, magnifiques oiseaux en tenue de soirée noire et blanche, avec un gros bec orange vif et des pattes de la même couleur.
Avec leur œil malicieux et comme maquillé, ils sont vraiment craquants ! On dirait des petits clowns !

Notre guide nous dit qu’il y en a environ trois cent mille !

Ils ne sont vraiment pas craintifs et on peut s’en approcher jusqu’à deux mètres avant qu’ils partent en se dandinant, mais sans trop se presser.
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Quelle étrange population !
Toutes les heures environ, ils partent pêcher et ramènent un bouquet de petits poissons dans leur bec pour nourrir leur petit.

En fait, ce sont des oiseaux-poissons, ou plutôt des poissons-oiseaux. Leur vol est assez lourdaud et leurs atterrissages et décollages sont assez cocasses : on dirait des hydravions !
Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus
Macareux moines (puffins)
En revanche, sur l’eau et sous l’eau, ce sont les rois : ils peuvent plonger jusqu’à 50 mètres et plus et rester en apnée pendant plusieurs minutes. A partir de la mi-août, ils repartent vivre en mer avec leurs petits, pendant plus de huit mois.
Ils vivent en moyenne 25 ans, en couples fidèles pour la vie.
De mai à la mi-août, ils viennent ici à terre pour se reproduire, et ils retrouvent tous les ans leur terrier creusé jusqu’à un mètre de profondeur dans l’herbe du bord de la falaise.

On est à la fois émerveillés et émus au milieu de ce petit monde si particulier.
Terrier de macareux 331
Dans une forte odeur de guano, on parcourt la bordure du plateau en découvrant toujours plus de groupes et de colonies de ces petits clowns à l’air malicieux. Ingólfshöfði, c'est un souvenir inoubliable, des moments intenses qui resteront gravées à vie dans nos mémoires.
Sur les conseils de notre guide, on quitte le bord des falaises pour traverser en diagonale le plateau herbeux.
C'est ici le domaine des grands labbes, de gros oiseaux au plumage marron et blanc qui font jusqu'à un mètre d'envergure. Eux aussi sont en période de reproduction mais ils n'ont pas de terriers comme les macareux. Leurs petits sont à même le sol, dans l'herbe, et ils les protègent farouchement.
Grand labbe Poussin de grand labbe (15 jours)
Nous n’avons absolument pas l’intention de leur nuire ni même de les déranger, mais très vite nous sommes la cible de leurs attaques en piqué !
C’est assez impressionnant de voir ces lourds oiseaux fondre sur nous en criant.
On entend le bruissement de l’air dans leurs ailes à quelques centimètres de nos oreilles.
Le grand labbe attaque !
Malgré les conseils de notre guide, on se baisse par réflexe et ça n'arrange rien.

Alors que nous sommes (involontairement) proches d'un poussin dans l'herbe, je me fais surprendre par derrière et percuter en pleine tête !
… sans doute avec les pattes car ils ont un bec redoutable et je n'ai pas de blessure.
Grand labbe Grand labbe
Quelques instants plus tard, un homme près de nous est carrément renversé et tombe dans l’herbe après un choc du même genre !
Ouh là là ! Le message est hyper clair : il est temps de déguerpir et de les laisser tranquilles ! Très, très impressionnants, les grands labbes !

En effet, en partant, on voit plusieurs poussins dans l’herbe. La plupart n’ont qu’un duvet clair mais ils sont déjà de la taille d’un pigeon.

On voit même un nid où un poussin de grand labbe vient juste de sortir de l’œuf (il a encore un morceau de coquille sur le dos !), et il y a un autre œuf entier à côté !
M. et Mme Grand Labbe ont la joie de vous faire part ...
On rejoint l'autre bord du plateau et là, ce sont les sternes arctiques qui attaquent en piqué.
Ces jolis oiseaux blancs et noirs sont très communs en Islande et ils attaquent systématiquement en poussant des cris aigus dès qu'on entre dans leur territoire, mais ils sont de petite taille et beaucoup moins impressionnants que les grands labbes.
Néanmoins, la première attaque en piqué est souvent dissuasive car elle s'accompagne souvent d'un largage d'excréments liquides qui atteignent assez facilement leur cible ! A la deuxième attaque ça va mieux car les munitions sont épuisées.

Les sternes arctiques sont les plus extraordinaires migrateurs de la planète : ils font carrément 36 000 km pour se transporter de l'arctique à l'antarctique.
La sterne arctique en piqué !
Au large, sur la mer, on voit deux " minky whales " (petits rorquals) qui émergent de temps en temps. Ils doivent prendre leur petit-déjeuner, survolés par une nuée de mouettes ou de fulmars …

En savoir plus sur les
oiseaux d'Islande :
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Après une bonne heure passée dans ce monde où les humains n'ont guère leur place, on se retrouve donc au bord de la falaise, devant une échancrure prise d'assaut par une autre dune noire, comparable à celle par laquelle nous sommes montés.
Notre guide nous dit avec bonne humeur : " C'est par là qu'on descend ! ". Au début, on croit à une plaisanterie … mais c'est pourtant vrai, et il n'y a pas d'autre solution.
C'est donc avec bonne humeur aussi qu'on se jette les uns après les autres dans cet immense toboggan, en entraînant des centaines de kilos de sable noir avec nous. En quelques secondes tout le monde est en bas, soit en " chasse-neige " façon ski ou surf, soit en dévalant la pente en courant, soit en roulé-boulé involontaire pour certains ! Mais il n'y a pas de danger, ce n'est que du sable mou jusqu'en bas, il n'y a pas le moindre caillou.

On embarque à nouveau sur la charrette et nous voici repartis à travers l'immense lagune. Malgré le soleil, il fait un froid de canard et justement nous en croisons pas mal qui ont l'air d'apprécier la température ambiante.
De retour au parking, notre petit groupe est soudé par cette extraordinaire matinée passée dans le monde des oiseaux. Les allemands sont sympathiques, ils savent qu'on est français et ils veulent absolument nous caser que leur descente en chasse-neige dans le sable, " c'était encore mieux que la dune du Pyla ! ".

Mais surtout, on fait mieux connaissance avec le couple d'américains : Bob et sa femme sont de Chicago, dans l'Illinois.
Bob est " chairman " d'une société qui commercialise des machines-outils et il me tend sa carte de visite. Je lui donne la mienne et il s'exclame que c'est " great " que je travaille " for the government !".
Au bout de trois minutes, on rigole fort, on se tape dans le dos, on vérifie qu'on a bien nos adresses mail sur nos cartes, on est invités chez eux à Chicago quand on voudra, ils sont invités eux aussi bien sûr chez nous, sur la " French Riviera " quand ils voudront !
En fait, on ne sait pas si on se reverra un jour, mais voilà : le monde est un village et vive cette mondialisation-là !

On apprend que le vieux fermier que nous attendions s'appelle Sigurður Bjarnason. Notre guide d'aujourd'hui est son fils, Einar Sigurðsson. Il remplace son père à l'occasion et il dirige une petite agence qui s'appelle "From Coast To Mountains". Leur famille vit à la ferme de Hofsnes, tout près d'ici, depuis au moins 600 ans !
Einar (voir photo) est modeste, mais c'est un guide de haute montagne renommé. Il accompagne les alpinistes (chevronnés) au sommet du Hvannadalsnúkur, le plus haut sommet de l'Islande (2119 m), où les conditions sont extrêmes compte-tenu de la latitude. En 2006, son palmarès va atteindre 200 ascensions jusqu'au sommet du Hvannadalshnúkur ! Formidable !

Vous pouvez voir son site ici et tout savoir sur la balade vers le monde des oiseaux d'Ingólfshöfði ici.

Pique-nique de midi : on n'a plus grand chose à manger … à part deux tomates rescapées de Landmannalaugar.
C'est donc exceptionnellement un repas hot-dog à la station-service de Fagurhólsmýri, toute proche. Conclusion immédiate : le hot-dog islandais est bien au pire standard international, mou et sucré : c'est à dire nul.
Heureusement, un skyr à la fraise, typiquement islandais, nous remet les papilles en place. Le café n'est pas terrible, on dirait une infusion de café léger plutôt qu'un expresso italien, mais il y a un avantage, c'est que vous en payez un, et puis vous pouvez en reprendre autant que vous voulez (c'est pareil pour le thé).

La station-service est animée. Il faut dire qu'en Islande, c'est vraiment le lieu de vie par excellence, et d'autant plus dans les endroits isolés, comme ici dans l'Oræfi.

La station-service de Fagurhólsmýri
On y fait le plein d'essence, certes, mais aussi beaucoup d'autres choses … on lave sa voiture (toujours gratuitement), on poste son courrier, on fait son petit marché, on mange, on boit un pot, on prend la presse, on se renseigne sur la météo, on dépose les enfants pour le ramassage scolaire ou on les reprend en fin de semaine, on laisse son matériel à réparer (en vue du ramassage par le réparateur) ou on le reprend réparé.
Avec un peu de chance, on rencontre des " voisins " qui vivent dans des fermes isolées à des kilomètres, au bout de chemins improbables. Et si on ne sait vraiment pas quoi faire, on peut toujours passer quand même à la station-service pour discuter un moment avec la caissière …
C'est le début de l'après-midi, il fait assez beau et on décide d'exploiter un autre conseil d'Arní, notre loueur de voiture de chez Hertz-Reykjavík : il paraît qu'un peu avant Höfn, il y aurait une piste qui permettrait d'accéder à la langue glaciaire du Skálafellsjökull, et même de remonter jusqu'au point où commence l'immense dôme de glace du Vatnajökull. C'est assez attirant et nous voilà partis !

En effet, au pied du Skálafellsjökull, renseignements pris à la ferme de Smyrlabjörg, on prend la piste F985 qui s'élève rapidement. Très vite, on se retrouve au niveau du glacier.
La piste F985
En fait, la piste longe la rimaye et offre des vues inquiétantes sur l'énorme masse de glace striée de cendres noires. Le silence est total. On dirait une bête endormie, prête à tout avaler …
La piste a un tracé vraiment inouï, à vouloir remonter comme ça le long du bord du glacier, il y a des passages avec des pentes incroyables et des précipices béants au détour d’un virage, bien sûr sans le moindre parapet !
Une seule voie bien sûr, mais heureusement pratiquement jamais personne en face. Ce n’est pas à proprement parler une piste difficile, mais il faut rouler très lentement, rester bien concentré et toujours garder une réserve de puissance sous le pied.

Avouons qu’à certains moments c’est quand même un peu tendu dans la voiture. Aux passages les plus scabreux, le silence se fait ... les dialogues sont remplacés par des onomatopées du genre « Ggggsssss ! » ... « Vvvvvvsssss ! » ... « Pffffffttttt ! ». Heureusement que les poignées de maintien sont solides car elles sont fortement sollicitées. En plus, avec l’altitude et le contact du glacier, il y a des lambeaux de brume qui circulent de temps en temps.
En haut du Skálafellsjökull
Au bout de vingt minutes nous voici arrivés : fin de la piste, on se gare devant le refuge de Jöklasel.

Le bout du monde : cinquante mètres plus loin, c’est la glace du Vatnajökull à perte de vue, c’est très impressionnant !
D’ici partent les excursions en moto-neige, en "super-jeeps" ou en véhicules à chenilles sur la glace, parfois même pour la traversée complète de la calotte glaciaire !
<<Super Jeep>> à Jöklasel Véhicule à chenilles à Jöklasel
Les passages de brume humide sont de plus en plus importants et, sachant les précipices et les pentes de folie qui nous attendent, on décide de redescendre sans tarder. Descente ultra-prudente, tout au frein moteur, souvent en première tant la pente est forte. Un peu crispés par moments, avouons-le … il y a bien de nouveau quelques « Ggggsssss ! » ... « Vvvvvvsssss ! » et autres « Pffffffttttt ! » ... mais bon, nous voici presque en bas, la piste est bonne maintenant et on a laissé les lambeaux de brume et les abymes derrière nous.
Tiens, tiens ! Face à nous, sur la piste, voici un 4x4 Suzuki Jimny identique au notre qui attaque la montée : c’est un jeune couple de français.
Arrêt vitre baissée contre vitre baissée et la jeune femme nous demande « si ça passe facilement avec ce 4x4 jusque là-haut ? » … Oubliées les petites crispations sur les poignées de maintien lors de la montée et de la descente, j’entends Marie-Françoise lui répondre avec un ton assuré et un grand sourire « Oui ! oui ! Impeccable ! Impeccable ! »
Et voilà ! ça, c’est la magie de la réussite qui gomme les petites difficultés ! Je tempère quand même un peu en leur recommandant d’être très prudents et en leur signalant qu’il y a de la brume tout en haut, mais après tout c’est vrai que si on fait attention il n'y a pas de problème, et ça aurait été vraiment dommage de les dissuader.
Jimny
Ajoutons ici à l'attention de nos lecteurs que si vous avez l'occasion de monter à Jöklasel par la piste F985, soyez prudents, bien sûr, mais n'hésitez pas : allez-y, c'est vraiment géant !

Revenus sur la route n° 1 dans la plaine côtière, on traverse ensuite le sandur du Mýrar, connu pour ses sables mouvants.
On passe à Nesjahverfi, près du carrefour qui mène à la ville de Höfn, située sur une avancée dans l’immense lagune naturelle du Hornafjörður. Jusqu’en 1974, c’était le terminus de la route n° 1 en venant de l’Est. Aujourd’hui, Höfn est un important port de pêche et de transformation du poisson.
Passé Höfn, on laisse le Vatnajökull derrière nous et on se retrouve vite dans un monde différent : celui des grands fjords de l’Est. C’est au large de ces fjords que les « pêcheurs d’Islande » français (de Paimpol surtout) venaient pêcher la morue au XIXème siècle.
La route n° 1 suit la côte, tantôt goudronnée, tantôt en terre et en gravier après le désormais célèbre avertissement " Malbik endar ! " : fin du goudron !.
Les paysages sont vraiment grandioses mais vers le Nord-Est où nous allons, on commence à voir arriver une couche de brume, qui se plaque sur la côte comme un gros matelas de coton.
Après Djúpivogur on entre dans l'immense Berufjörður. La rive d'en face n'est qu'à 3 km mais il y a 40 km pour faire le tour par le fond du fjord.
Spectacle assez fantastique : de grands lambeaux blancs sont en train de draper les versants à mi hauteur, on alterne les passages au soleil et les passages de brouillard.
C'est beau : le Berufjörður en train d'être envahi par la brume côtière.
Le Berufjörður
A la sortie du fjord, la vue s’éclaircit à nouveau et on arrive dans la Breiðdalsvík (« la large baie ») où nous sommes attendus ce soir, exceptionnellement à l’hôtel ! (seul soir en dehors de Reykjavík).

Vers 19h30 donc, nous voici à l’hôtel Staðarborg, à quelques kilomètres du petit port de pêche de Breiðdalsvík. Très bon accueil par un vieux monsieur : il n’y a pas vraiment d’âge de la retraite en Islande … en général, on travaille aussi longtemps qu’on peut, on s’arrête de travailler quand on n’est plus en état de le faire où qu’on est malade. La culture des loisirs, le modèle des jeunes retraités de chez nous profitant de leur pleine forme et de leur liberté au soleil, ces schémas-là ne font pas vraiment partie du cadre socioculturel islandais.
Très bon hôtel, belle chambre donnant sur la nature et les montagnes encore un peu enneigées. Ce soir c’est le luxe ! et pour qu’il soit complet, on s’invite au restaurant de l’hôtel. D’autant que c’est soir de fête : nous sommes le 14 juillet ! Excellent repas islandais où on vient gentiment nous proposer, après chaque plat, d’en reprendre une portion ! Soupe, bon plat de poisson garni de légumes et de pommes de terre, bière « Viking », gâteau au muesli et café pour 2500 Ikr par personne (environ 32 euros), un prix plus que raisonnable pour l’Islande.
On fête ainsi dignement le 14 juillet en tête à tête, sans lampions ni fanfare mais, fête nationale oblige, en guise de digestif, on partage la mini-fiole d’eau de vie de poire emmenée de France (dite « poire à Maurice », un nectar que seuls les initiés connaissent … ).
A 22 h, sur ces bonnes bases, nous voilà parés pour une petite promenade insolite (… et tonique, car il fait 5° C !) sur le petit port de pêche de Breiðdalsvík.

Sur la plage noire, on ramasse quelques belles zéolites roulées par la mer.
Cette région de l’Islande possède les roches les plus anciennes de l’île, elle est connue pour ses minéraux qu’on retrouve dans les grands musées minéralogiques du monde.
Zéolites de Breiðdalsvík
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